17.11.2009

considérations sur l'odorat

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L’homme s’est dégagé de l’odorat, tandis que les autres espèces sont restées très ancrée dans le système olfactif, parce que l’être humain, sur le plan mental, marche davantage à l’œil et à l’oreille qu’au nez. Le déclin de l’odorat, diront les biologistes, est lié à l’affaiblissement de la pression de la survie. Une fois que l’homme a conquis la maîtrise de la Terre, il tend à privilégier ce qui a fait sa force dans l’évolution, l’apparition du mental et la puissance des créations de l’intellect. D’où la tendance, dans une société de plus en plus artificielle, à privilégier le visuel et l’auditif, les deux sens les plus liés à la pensée. L’univers fondé sur la pensée est donc très aseptisé de toute odeur. Le moment où le positivisme proclamait la suprématie du savoir scientifique a aussi été celui où a commencé, avec Pasteur, l’entreprise de l’hygiène rigoureuse. Il fallait stériliser les objets et la nourriture et dans la foulée, traquer les mauvaises odeurs. Un univers mental complètement abstrait serait purifié de tout élément rappelant trop l’incarnation véritable. Ce pourrait être celui du Penseur spéculatif, qui, retiré du monde réel, serait parvenu à s’enfermer dans un monde d’idées abstraites. Une sorte d’érudit n’ayant pour territoire que les dictionnaires et les livres et de fanal que celui donné par le langage. Mais attention, il deviendrait aussi ce que nous voyons dans les jeux vidéo ou à la télévision : beaucoup d’images et du bruit, mais pas d’odeur. Un monde purement virtuel, purement mental. L’odorat est ce qui risque de nous sortir du virtuel : si la télévision se met à fumer ou si le plat de nouilles brûle dans la cuisine ! Il nous ramènerait ici et maintenant, alors que plongé dans le spectacle, ce qui nous importe, c’est avant d’être dans un ailleurs. Notre technologie ne sait pas encore synthétiser efficacement le royaume de l’odorat. Elle est encore très au-dessous de ce qui se produit en nous chaque nous dans le monde onirique. Mais elle avance aussi dans cette direction, celle du « cinéma sentant » de Boris Vian. Elle aimerait virtualiser tous les sens et nous plonger dans une quatrième dimension entièrement abstraite et nous couper de toute vie concrète. Recréer un simulacre de vie dans le monde de l’abstraction.

 

Pourtant l’odeur de l’humus nous remet sur pied dans la relation à la Terre, l’odeur et le parfum rencontrent ce qui constitue la matière. Le parfum a en quelque sorte la dimension primale de la sensualité terrestre. Le caractère apparemment frustre et organique de l’odorat fait qu’il a souvent été rejeté. Par la religion et la morale tout d’abord, parce que la sensualité éveillée par l’odeur serait sensée appeler l’animalité en l’homme. L’odeur et le parfum sont trop charnel et inviteraient à ce que Saint Augustin appelle la « concupiscence » et le péché. Les philosophes ont aussi eu tendance à déconsidérer le sens de l’odorat, car c’est le sens le moins intellectuel et le moins représentatif. Mais le discrédit de l’odorat est très injuste, car il ne prend pas en compte toute la richesse sensible qu’il nous découvre. Comme précédemment, nous pouvons dire qu’il existe un niveau subtil de l’odorat, mais qui est très peu pris en compte et très peu éveillé chez la plupart d’entre nous.

 

L’odeur des sous bois mouillé de pluie est une atmosphère et non pas un objet, elle est un je ne sais quoi insaisissable et éphémère qui ne fait que flotter. Or ce sont exactement les caractéristiques de la phénoménalité. Le domaine du relatif est dans sa nature même un flux mouvant dans lequel nous pouvons découper des objets et il est aussi par nature voué au changement, de l’apparition, au maintient, puis à la disparition. L’odeur implique une manifestation phénoménale, dans sa donation qualitative, avec son caractère diffus. L’odeur nous rappelle l’évanescence de toute existence, que toute existence est une exhalaison, une respiration temporelle qui se maintient. On peut discuter pour déclarer en terme de vrai/faux si le mur d’en face est oui ou non orange. On ne peut pas le faire pour affirmer si une odeur est oui ou non grasse. L’odorat est un ressenti qui n’exprime pas une pensée, mais n’exprime que lui-même. Ainsi, il n’y aurait guère de sens à dire que les passagers qui descendent de l’avion en terre africaine sentent « la même odeur », car chacun d’eux fait une expérience originale. L’odorat se situe en deçà de l’intentionnalité. S'il nous fallait ramener quelqu'un égaré dans ses manifestations mentales nous pourrions certainement l’inviter à toucher la terre, mais aussi à respirer l’odeur des pins, le parfum des fougères, ou par exemple, des feuilles de citronnelle quand on les écrase entre ses doigts, ou encore le parfum sublime de la fraise des bois au creux de la main. Le parfum retient et arrête, au milieu de la Nature il ramène vers la Terre, il nous inscrit ici et maintenant. Bien sûr, on peut marcher dans une forêt enfermé dans un train de pensées et ne faire attention à rien. Celui qui est excessivement « dans la tête » peut devenir presque insensible au niveau de l’odorat ; mais ce qui est remarquable, c’est que l’invitation de l’odeur est toujours là, mouvante, constante et très insistante, et il suffit d’un léger espace entre deux pensées pour que la prégnance de l’odeur nous atteigne. C'est un des services que nous rend l'odorat que de nous inviter à sentir là où nous aurions tendance excessivement à penser. Seule une immersion profonde dans la présence donne relief et profondeur à l’odorat. Cette intelligence là n’est pas conceptuelle, elle est avant tout instinctive. Il y a une corrélation entre mauvaise odeur et putréfaction ; entre mauvaise odeur et effet de lourdeur et d’inertie dans l’assimilation des aliments. Ce n'est pas vraiment l'intellect qui fait cette corrélation quand elle est vivante. Elle est dans la relation entre le corps et le monde. Si nous étions assez disponible pour nous fier réellement à notre nez, nous saurions prévenir bien des expériences désagréables. Il faut toujours flairer la nourriture avant de la manger et être attentif aux message que nous envoient les sens. Le corps n'est pas si stupide, si « bête » qu'on le dit. En tant qu’être humain, nous n’avons certes pas l’odorat des canidés, mais l’odorat humain est tout de même extrêmement efficace et subtil. Il est possible de pressentir à travers l'odorat l'objet, la chose que nous ne voyons pas encore.

 

 

16.11.2009

MOUVEMENT...

 

flamenco 5.jpgL’homme occidental à la découverte du dernier continent corps-esprit a fait de l’osmose du corps et de l’esprit l’objet d’une quête philosophique, spirituelle, artistique et scientifique.

Au cours de sa longue quête de développement rationnel, il a perdu peu à peu la notion de corps. Néanmoins son esprit, épuisé par des siècles d’abstractions, s’éveille-t-il aujourd’hui, au terme de ce long sommeil du corps, comme un malade qui ne souffre plus que son âme soit dévastée par l’absence.

Il amorce alors un voyage qui lui apprend que son corps est véritablement "le lieu et la formule" où se fondent harmonieusement le ciel des idées et les nourritures terrestres.

Ainsi les maîtres nous invitent-ils à reposer les problèmes fondamentaux auxquels se sont confrontées la philosophie, l’expérience religieuse et, plus récemment, la psychanalyse occidentales. Ils nous font toucher ici à une question essentielle dont il serait difficile de nier que les données sont bouleversées par l’apport des profondes expériences et conceptions du corps de l’ Extrême-Orient, qui nous invite à reconsidérer notre vison du monde et de l’homme à la lumière d’un travail en profondeur sur notre propre corps, qui serait source de toute révélation: de la prison du corps condamné à l’ouverture des sens!

Il s’agit en fait de mener une "guerre sainte" afin de réduire l’illusion, le mensonge et l’ignorance qui sont le lot déshumanisant et obturateur de chaque être, un combat pour retrouver l’essence de l’homme au cœur de la dualité matière-vide dans l’espace et le temps macrocosmique, et moi-autrui dans l’espace et le temps social.

Dans le but de l’éveiller au monde et à lui-même par la grâce de mouvements et de formes surgies du centre de gravité (le ventre) ses efforts l’initieront à la verticalisation de son être total et, selon la formule de R. M. Rilke, à « cet invisible poème qui permet un pur échange avec les espaces: Respirer »

Cette réorganisation des sens et du schéma corporel - en le reliant à lui-même - changeront sa perception de l’être et du paraître, de la matière et des formes, du temps et de l’espace. Il comprendra qu’existe un lien entre la quantité de matière organisée et le degré de conscience, que la matière et l’esprit sont les deux faces d’une même réalité.

 

Un seuil mental sera franchi.

28.05.2009

Le sens de la vue et la forme:

 

L’expérience que nous livre le sens de la vue n’est pas, contrairement à ce que soutient l’intellectualisme, toute d’un seul tenant et qu’elle comporte une infinité de degrés et la possibilité d’un raffinement depuis le niveau le plus grossier que peut appréhender la vue, vers des niveaux plus subtils. Si nous observons attentivement la qualité de notre rapport avec la perception au moyen de la vue, nous verrons tout de suite qu’elle est en grande partie téléguidée par l’intellect. C’est tout simplement humain. C’est notre état de conscience habituel. Ce n’est que très rarement que nous mettons entre parenthèses la cavalcade continuelle de nos pensées pour nous laisser prendre au charme d’un paysage, pour nous laisser toucher par la vie des couleurs, la danse des formes.

le conditionnement ambiant par l’image (texte) abîme beaucoup le sens de la vue. Il détruit la pose nécessaire à l’attention. Il entretient une agitation de la pensée nuisible à l’empreinte sensible de ce qui est. Il crée une bulle dont nous ne sortons presque jamais. (texte) Comme dit Bergson, nous croyons voir et en fait nous nous bornons à reconnaître.

On ne voit que la grisaille intérieure parfois déchirée en un éclair par un joli sourire (et c’est à ce moment là que l’on tombe amoureux). Pourtant le monde visible est émouvant, parfois déchirant dans ses contrastes entre laideur et beauté. Quand il est spectacle de la Nature, il est souvent magnifique et d’une puissance prodigieuse.

Il suffirait pourtant de peu de choses pour communiquer davantage d’éveil au sens de la vue. Ce n’est qu’affaire d’attention renouvelée à chaque instant.

L’observation continue maintient la relation avec ce qui est, renforce l’autonomie de l’intelligence et entretient sa clarté. Le sens de l’observation invite à la question juste, il nourrit le sens du réel et communique son appui au bon sens.

Coupé de l’observation, l’intellect risque toujours de vouloir discuter pour discuter, de couper les cheveux en quatre, de théoriser à vide, de rationaliser ce qui devrait être au lieu de répondre à ce qui est. Le contact avec ce qui est réduit l’entrée en scène de l’ego. Il implique l’ouverture du champ de la perception et la présence au sein de la perception. Il inscrit toute communication avec autrui dans notre monde commun. Celui qui nous est offert au niveau des sens. .Ainsi, la lucidité ne peut pas vraiment être détachée de la vision, de sorte que dans la lumière de l’intelligence, la plus haute lucidité est en même temps insight, vision en profondeur.

Le sens de la vue fournit un appui essentiel à l’intuition. Le voir a une importance considérable car à cet instant et par tous nos sens, la réalité nous interpelle. Or la coupure est entretenue quand l’esprit est essentiellemnt dans la pensée. nous vivons dans une culture qui entretient cette séparation. Nous construisons au fil des ans un mur entre notre expérience du visible et celui de la pensée. Pas le temps de voir non plus. il y a toujours quelques problèmes plus importants à penser qui maintiennent dans la tête. Ce qui dispense de voir.

27.05.2009

conscience...

"Tel homme s’éveille, le matin, dans son lit. A peine levé, il est déjà de nouveau endormi ; en se livrant à tous les automatismes qui font que son on corps s'habiller, sortir, marcher, aller à son travail, s'agiter selon la règle quotidienne, manger, bavarder, lire un journal – car c’est en général le corps seul qui se charge de tout cela –, ce faisant il dort 'Pour s’éveiller il faudrait qu’il pensât : toute cette agitation est hors de moi. Il lui faudrait un acte de réflexion. Mais si cet acte déclenche en lui de nouveaux automatismes, ceux de la mémoire, du raisonnement , sa voix pourra continuer à prétendre qu’il réfléchit toujours; nais il s’est encore endormi. Il peut ainsi passer des journées entières sans s’éveiller un seul instant. Songe seulement à cela au milieu d'une foule, et tu te verras environné d'un peuple de somnambules. L'homme passe, non pas, comme on dit, un tiers. de sa vie, mais presque toute sa vie à dormir de ce vrai sommeil de l'esprit. Et ce sommeil, qui est l‘inertie de la conscience a beau jeu de prendre l’homme dans ses pièges : car celui-ci, naturellement et presque irrémédiablement paresseux, voulait bien s'éveiller certes, mais comme l'effort lui répugne, il voudrait; et, naïvement il croit la chose possible, que cet effort une fois accompli le plaçât dans un état de veille définitif ou au moins de quelque longue durée; voulant se reposer dans son éveil, il s'endort. De même qu'on ne peut pas vouloir dormir, car vouloir, quoi que ce soit, c’est toujours s'éveiller, de même on ne peut rester que si on le veut à tout instant" Et le seul acte immédiat que tu puisses accomplir, c'est t'éveiller, c’est prendre conscience de toi-même. Jette alors un regard sur ce que tu crois avoir fait depuis le commencement de cette journée c'est peut-être la première fois que tu t'éveille vraiment; et c'est seulement en cet instant que tu as conscience de tu as conscience de tout ce que tu as fait, comme un automate sans pensée. Pour la plupart, les hommes ne s’éveillent même jamais à ce point qu'ils se rendent, compte d'avoir dormi. Maintenant, accepte si tu veux cette existence de somnambule.  Tu pourras te comporter dans la vie en oisif, en ouvrier en paysan, en marchand, en diplomate, en artiste, en philosophe sans t'éveiller jamais que, de temps en temps, juste ce qu'il faut pour jouir ou souffrir de la façon dont tu dors ; ce serait même peut-être plus commode, sans rien changer à ton apparence, de ne pas t'éveiller du tout.   Et comme la réalité de l'esprit est acte, l'idée de substance pensante n'étant rien si elle n’est actuellement pensée en ce sommeil, absence d'acte, privation de pensée, il n’y a rien, il est véritablement la mort spirituelle. mais situ as choisi d'être tu t’es engagé sur un rude chemin, montant sans cesse et réclamant un effort de tout instant. Tu t'éveilles; et  immédiatement tu dois t'éveiller à nouveau, Tu t'éveille de ton éveil. Ton éveil. premier apparat comme un éveil à ton éveil second Par cette marche réflexive la conscience passe perpétuellement à l'acte. Au lieu que les autres hommes, pour le plus grand nombre, ne font que s'éveiller, s'endormir, s’éveiller, s’endormir, monter un échelon de conscience pour le redescendre aussitôt, ne s’élevant jamais au-dessus de cette ligne zigzagante, tu te trouves et te retrouves la selon une trajectoire indéfinie d'éveils toujours nouveaux. Et comme rien ne vaut que pour la conscience percevante, ta réflexion sur cet éveil perpétuel vers la plus haute conscience possible constituera la science des sciences. Je l’appelle métaphysique Mais, toute. toute science des sciences qu’elle est, n’oublie pas qu’elle ne sera jamais que l'itinéraire tracé d'avance, et à grands traits, d’une progression réelle si tu l’oublies, si tu crois avoir achevé de t’éveiller parce tu as établi d’avance les conditions de ton éveil perpétuel, à ce moment de nouveau tu t’endors, tu t’endors dans la Mort spirituelle". René Daumal, Tu t’es toujours trompé, Mercure de France (pamphlet sur les intellectuels à propos des existentialistes et de Camus) cité par Patrice Van Eersel  La Source blanche, p.90-91

27.09.2008

Personnes endeuillés par suicide

 

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Propos sur le deuil après suicide

Compte rendu en partie de la conférence du Dr J.J. Chavagnat Psychiâtre par Joel Kerdraon

 

Citation: (Victor Hugo - 1856)

Les contemplations, livre IV

Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin
De venir dans ma chambre un peu chaque matin ;
Je l'attendais ainsi qu'un rayon qu'on espère ;
Elle entrait, et disait : Bonjour, mon petit père ;
Prenait ma plume, ouvrait mes livres, s'asseyait
Sur mon lit, dérangeait mes papiers, et riait,
Puis soudain s'en allait comme un oiseau qui passe.
Alors, je reprenais, la tête un peu moins lasse,
Mon oeuvre interrompue, et, tout en écrivant,
Parmi mes manuscrits je rencontrais souvent
Quelque arabesque folle et qu'elle avait tracée,
Et mainte page blanche entre ses mains froissée
Où, je ne sais comment, venaient mes plus doux vers.
Elle aimait Dieu, les fleurs, les astres, les prés verts,
Et c'était un esprit avant d'être une femme.
Son regard reflétait la clarté de son âme.
Elle me consultait sur tout à tous moments.
Oh ! que de soirs d'hiver radieux et charmants
Passés à raisonner langue, histoire et grammaire,
Mes quatre enfants groupés sur mes genoux, leur mère
Tout près, quelques amis causant au coin du feu !
J'appelais cette vie être content de peu !
Et dire qu'elle est morte ! Hélas ! que Dieu m'assiste !
Je n'étais jamais gai quand je la sentais triste ;
J'étais morne au milieu du bal le plus joyeux
Si j'avais, en partant, vu quelque ombre en ses yeux.


On peut compter quarante mille personnes et plus endeuillées par suicide chaque année, c'est dire que le nombre de blessures mentales est impressionnant.


PERDRE un être cher est une épreuve tellement atroce que les mots sont inutiles et impuissants.

Comment continuer son chemin après la perte de notre enfant? Pas évident. Probablement pas du jour au lendemain, ni sans effort, mais tout de même réalisable.


Vivre son deuil et peut-être arriver à grandir à travers lui, n'est pas chose facile.

 

  • La perte de personnes chères affecte beaucoup de gens, dont certaines souffrent en silence... Le milieu médical parle de blessure morale.Ces blessures douloureuses s'accompagnent de réactions dépressives tout à fait normales. Et si la personne reprend ses étapes sociales, se réinvestit et réaménage sa vie affective elle reste endeuillée.À la suite de la mort de votre enfant, vos plans d'avenir, vos espoirs, vos rêves et votre vie sont bouleversés

  •  

  • Personne, y compris votre conjoint ne pourra se mettre à votre place car votre douleur est unique.

 

  • Dans cette impression de vivre un rêve, d'être comme anésthésié vous souhaitez sans doute vous réveiller pour constater que rien n'est réel, que tout va continuer comme avant. Vous êtes peut-être dans le déni et c'est bien naturel car ce sentiment permet de vous isoler de la réalité de la mort jusqu'à ce que vous soyez assez fort pour entendre la vérité que vous ne voulez pas croire.

Cette vérité qui vous dit que si vous êtes plus âgé, si vous ayez protégé votre enfant, vous lui avez survécu. C'est une réalité impossible à comprendre et révoltante!

 

Attendez-vous à ressentir une multitude d'émotions.Aussi bizarres qu'elles puissent vous paraître, elles sont normales et saines.

Vous pouvez ressentir soudainement une vague de chagrin inattendue" . N'oubliez pas

que les enfants survivants sont aussi affectés par la perte d'un frère, d'une sœur.


Les étapes du deuil par suicide a fortiori de son enfant, sont différentes des étapes citées dans les théories modernes sur l'attachement. (voir précédent article)

Il peut arriver que ces personnes se bloquent dans la phase de protestation, caractéristique des plus grandes difficultés sur le chemin de deuil.

Le déni, l'engourdissement, la révolte, le besoin d'explication, la recherche d'un coupable accompagnent la permanence de la perte et la culpabilité. Ces sentiments confus et puissants peuvent préparer le terrain d'un état dépressif grave.


Des manifestations affectives possibles(tristesse, colère, impulsivité, impuissance, peur, désespoir, abandon, solitude, anxiété)

Des manfestations comportementales possibles( crises, cauchemars, peur irrationnelles du noir, de la solitude, d'une mauvaise nouvelle, irritabilité, impulsivité)

Des manifestations physiologiques possibles (fatigue, difficulté respiratoires, maux de tête, variations d'appétit, stress)

Des manifestations cognitives possibles ( confusion, hallucinations, difficultés à se concentrer, pensées obsédantes du défunt, bouleversement du narcissisme de l'endeuillé et perte de l'illusion de l'immortalité)

Colère

TROIS ANS APRES

(Victor Hugo - 1802, 1885 - Ecrit en novembre 1846)

Il est temps que je me repose ;
Je suis terrassé par le sort.
Ne me parlez pas d'autre chose
Que des ténèbres où l'on dort !

Que veut-on que je recommence ?
Je ne demande désormais
A la création immense
Qu'un peu de silence et de paix !

Pourquoi m'appelez-vous encore ?
J'ai fait ma tâche et mon devoir.
Qui travaillait avant l'aurore,
Peut s'en aller avant le soir.

A vingt ans, deuil et solitude!
Mes yeux, baissés vers le gazon,
Perdirent la douce habitude

De voir ma mère à la maison.

Elle nous quitta pour la tombe ;
Et vous savez bien qu'aujourd'hui
Je cherche, en cette nuit qui tombe,
Un autre ange qui s'est enfui !

Vous savez que je désespère,
Que ma force en vain se défend,
Et que je souffre comme père,
Moi qui souffris tant comme enfant !

Mon oeuvre n'est pas terminée,
Dites-vous. Comme Adam banni,
Je regarde ma destinée,
Et je vois bien que j'ai fini.

L'humble enfant que Dieu m'a ravie
Rien qu'en m'aimant savait m'aider ;
C'était le bonheur de ma vie
De voir ses yeux me regarder.

Si ce Dieu n'a pas voulu clore
L'oeuvre qu'il me fit commencer,
S'il veut que je travaille encore,
Il n'avait qu'à me la laisser !


Il n'avait qu'à me laisser vivre
Avec ma fille à mes côtés,
Dans cette extase où je m'enivre
De mystérieuses clartés !

Ces clartés, jour d'une autre sphère,

O Dieu jaloux, tu nous les vends !
Pourquoi m'as-tu pris la lumière
Que j'avais parmi les vivants ?

As-tu donc pensé, fatal maître,
Qu'à force de te contempler,
Je ne voyais plus ce doux être,
Et qu'il pouvait bien s'en aller !

T'es-tu dit que l'homme, vaine ombre,
Hélas! perd son humanité
A trop voir cette splendeur sombre
Qu'on appelle la vérité ?

Qu'on peut le frapper sans qu'il souffre,
Que son coeur est mort dans l'ennui,
Et qu'à force de voir le gouffre,
Il n'a plus qu'un abîme en lui ?

...

La colère peut être dirigée vers un tiers, l'institution qui abritait le défunt, vers soi-même (auto- accusation) aussi vers le disparu.

Le difficile regard des autres, souvent la honte peuvent conduire au rejet des autres et donc au sentiment d'abandon.

Avoir simplement du plaisir est source de culpabilité.

Avec les '' pourquoi incessants'' imaginer ce qui s'est passé n'est pas moins difficile que d'avoir trouvé le défunt. '' Est ce qu'il ou elle a souffert? ''


Il faut supporter les questionnements de la police qui fait son travail. Celui de la médecine légale.

On se réfugie dans le déni, c'est possible... parce qu'impossible à comprendre. Les pas, l'odeur, la présence du défunt sont perçus... manifestations tout à fait normales. On ne change pas les habitudes, le défunt a son couvert, sa chemise préparée...

Le rôle du psychiâtre ou du psychlogue devient important s'il soignait le suicidé. Il lui faut rencontrer la famille, travailler la culpabilité et constater de vive voix les témoignages.C'est à dire authentifier le traumatisme, le reconnaître pour aider à reprendre le chemin et bien sûr se recentrer sur l'histoire de l'endeuillé, pour l'aider à quitter l'état de victime, le valoriser et lui éviter ainsi de s'auto-punir afin de réinvestir sa vie reprendre conscience et constater que la personne a encore beaucoup d'amour en elle.

Les proches, les amis pourront peut être aider à laisser venir le chagrin et le désarroi cpour laisser parler sans conseils maladroits ( tourne la page, ça fait longtemps...) et être disponible pour les petites choses de la vie courante. Parler de la part de mystère du défunt, ce qu'on ne connaissait pas et qui fait mal! Se laisser prononcer le nom du défunt, son histoire est toujours présente...


Dans ce monde de l'instantané, les gens autour vont trop vite et cause beaucoup de souffrance. Plus le temps de pleurer, d'exprimer sa peine, de prendre le temps. Vous aimeriez que quelqu'un s'arrête pour vous aider à sortir rapidement de votre malaise intérieur. Le processus de la guérison de cet état émotionnel doit suivre son cours. Il est parfois long ce chemin. Le temps est précieux, donnez-vous ce temps nécessaire.

Le sens des valeurs change presque toujours suite à une expérience aussi douloureuse et intense.

Certains survivants arrivent à reprendre goût à la vie en mettant en valeur le défunt.( fondation au nom de l'être aimé et perdu, d'autres se battent pour une cause qui lui tenait à cœur, écrivent un livre en sa mémoire, etc..? Y a-t-il plus bel hommage que d'améliorer sa vie grâce à ce que la personne décédée nous lègue comme héritage spirituel, émotionnel?

Voici donc quelques pistes intéressantes pour rendre hommage à la personne qui nous a quitté :

Faire "le bilan des qualités de la personne disparue" Ces qualités dit-il, si on les cherchait dans l'autre, c'est que nous les possédions en nous-mêmes également. Maintenant, elles nous appartiennent, elles sont notre héritage:

Une certaine douceur

Une façon de s'affirmer

Une manière de prendre soin de soi

Le départ de la personne chère renferme-t- elle la possibilité :

De mieux nous connaître?

De mieux saisir la souffrance des autre?

De se savoir moins parfaits?

De permettre aux autres d'être moins parfaits?

De découvrir les sentiers de la guérison. ?

Il est tout aussi important de se pardonner, de se pardonner simplement d'être humain! Se pardonner de quoi?

D’être fragile, d’avoir honte de ma douleur, de m’accuser dans mon malheur,  d’avoir ruminé des accusations blessantes à mon égard, de n’avoir pas été capable de tout prévoir,de me haïr sans compassion... c'est une étape sur le chemin ...



PRIERE AMERINDIENNE(Auteur inconnu)


Quand je ne serai plus là, lâchez-moi !
Laissez-moi partir
Car j'ai tellement de choses à faire et à voir !
Ne pleurez pas en pensant à moi !
Soyez reconnaissants pour les belles années
Pendant lesquelles je vous ai donné mon amour !
Vous ne pouvez que deviner
Le bonheur que vous m'avez apporté !
Je vous remercie pour l'amour que chacun m'a démontré !
Maintenant, il est temps pour moi de voyager seul.
Pendant un court moment vous pouvez avoir de la peine.
La confiance vous apportera réconfort et consolation.
Nous ne serons séparés que pour quelques temps !

Laissez les souvenirs apaiser votre douleur ! Je ne suis pas loin et la vie continue !

Si vous en avez besoin, appelez-moi et je viendrai !
Même si vous ne pouvez me voir ou me toucher, je serai là,
Et si vous écoutez votre coeur, vous sentirez clairement
La douceur de l'amour que j'apporterai !
Quand il sera temps pour vous de partir,
Je serai là pour vous accueillir,
Absent de mon corps, présent avec Dieu !
N'allez pas sur ma tombe pour pleurer !
Je ne suis pas là, je ne dors pas !
Je suis les mille vents qui soufflent,
Je suis le scintillement des cristaux de neige,
Je suis la lumière qui traverse les champs de blé,
Je suis la douce pluie d'automne,
Je suis l'éveil des oiseaux dans le calme du matin,
Je suis l'étoile qui brille dans la nuit !
N'allez pas sur ma tombe pour pleurer
Je ne suis pas là, je ne suis pas mort.


17.09.2008

Vous avez dit magie?

felicitations2006.jpgJe ne sais si, comme moi vous recevez régulièrement de ces courriels qui vous invitent sous forme de leçons à positiver et changer votre tournure d'esprit afin (efficacité assurée, en témoignent de nombreux adeptes avec photos à l'appui!)de parvenir au bonheur et à la réussite. Tout ceci gratuitement, à charge pour vous, si vous désirez allez plus loin, de vous offrir un stage ou un book, ceux-là, un peu moins gratuits bien entendu.
La méthode, avec une pointe de caricature pourrait se résumer ainsi: « Si vous voulez réussir, ayez confiance en vous... et pour être confiant, travailler votre pensée pour devenir rapidement confiant!»

Quelque soit la motivation des vendeurs de positif, naïveté ou commerce, le danger est le même pour l'intéressé: s'éloigner de la réalité jusqu'à perdre pied et devenir la proie des marchands de bonheur ou protecteurs sectaires.
En effet, ces croyances que le mental peut fabriquer la réalité, ressort de la pensée enfantine qu'on qualifie de magique.

Certes la réalité peut s'entrevoir de différentes manières dans un faisceau allant du profond désespoir à l'optimisme démesuré; Un juste optimisme permet d'entrevoir la réalité en limitant le filtre des émotions et aide à chercher les solutions à nos problèmes. Mais s'imaginer que nos désirs peuvent être réalisés nous plonge dans le rêve où vouloir et pouvoir se confondent, parfois jusqu'à la magie noire !
La pensée magique nous rassure et nous soulage de la dure réalité du monde, mais gèle nos projets de vie et nous éloigne des solutions. Pire elle peut nous figer dans un mode de pensée où tout est déterminé... et gare aux croyances déçues sources de colère, de désespoir et de culpabilité!

En méditation, travaillons notre confiance, en nous souvenant que nous avons eu et gardons un potentiel de réussite, travaillons notre contact avec la réalité par l'écoute de nos sens, travaillons notre capacité à être dans le présent, à résoudre les conflits avec toutes nos ressources mentales.
La sérénité, la confiance, l'amour ne sont pas dans les étoiles, dans les cartes ou dans les livres des autres, il est tout près, à votre porte, en vous... si vous voulez bien lâcher prise.

24.08.2008

L'instant poétique

Le poèmeCoucher de soleil.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

Le poème est quelque chose entre la matière et l'esprit, une sorte de lien entre l' ici-bas et l'absence, entre le sens, les sens, et le vide. Une chose qui nous mène vers notre être profond tout en nous faisant quitter notre condition terrestre. Il a un pouvoir de re-création car c'est lui qui finit par nous créer, nous révèle à nous-mêmes, nous révèle le monde nous apprend sinon la révolte, l'insoumission à nos couches idéologiques et autres partis pris.

Le poème délivre l'émotion, nous fait gagner la profonde rumeur du monde alors que le langage nous a fait mettre ce monde hors de nous. Par ce lien au monde, le poème ouvre le vaste champ de l'intime.
Il a bien qu
elque chose à voir avec le corps, car s'il fréquente l'âme, la mémoire, l'intellect, il naît de la voix, des gestes de la main qui court et finit par aller plus vite que la pensée.

Pour s'approcher du monde il faut laisser le monde et porter son regard vers l'intérieur, de rentrer en soi même, et finir par '' être '' pour se trouver avec intensité proche de l'infini accessible. Alors un rythme monte et le réel devient incandescent.

26.05.2008

Nouvelle association

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 Une association est née !

Toutes les activités autour de la  sophrologie, méditation et relaxation de Joel Kerdraon sont regroupées dans une nouvelle association :

                                         L'association "CEDRE"

qui vous proposera ses ateliers hebdomadaires dans la Maison des loisirs de Badecon Le Pin, un joli village du Val de Creuse, près d'Argenton sur Creuse dans L'Indre

ainsi que des services, stages et week-end, dans la région CENTRE

saison 2008/2009 inscriptions à partir de juillet 2008

renseignements au 06 13 57 63 39                  

courriel: cedre36@yahoo.fr

 http://associationcedre.site.voila.fr

 

24.05.2008

LE MENTAL

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Posté le 25 mars par admin

Visitez son site:

relaxation.forcemajeur

http//relaxation.forcemajeur.com

 

Le mental est un outil fabuleux pour fonctionner dans le monde,
il doit être à notre service et pas nous au sien.

Qu'y a t'il entre deux pensées ?

Le silence et le vide.
C'est au coeur de ce silence et de ce vide que la présence silencieuse de l'être se révèle.
Pourquoi nous est-il si difficile d'être cette présence ?
Pourquoi nous est-il si difficile d'être ?
Le mental crée des pensées sans cesse car il n'aime pas l'inconnu que ce vide et ce silence
lui laisse entrevoir. C'est le même processus qui se passe lorsqu'on est avec quelqu'un
et que personne ne dit mot. La plupart des gens commencent à ressentir un malaise
dans cette non communication et le mental cherche par tous les moyens à fuir cela.
Hors, si on se laisse simplement aller à ressentir ce moment de silence,
la communication passe par d'autres circuits.
On se sens juste bien d'être là, en ce moment, avec cette personne,
sans toujours avoir besoin de mettre des mots qui nous coupent de ce que l'on ressent.
Le mental a toujours besoin de combler le silence et entretient sans cesse une activité de fond.
Cette activité mentale est fatigante mais on ne s'en rend même pas compte.
C'est comme quand on est dans un lieu très bruyant, on s'habitue au fond sonore mais
lorsque le silence se fait, tout d'un coup on ressent un calme et un bien être.


Le mental cherche toujours à garder le contrôle, car au fond c'est bien lui qui a crée
au fil du temps ce que nous "pensons" être, notre ego, le sens du "moi".
Toutes nos opinions, nos croyances, nos valeurs, nos jugements, nos peurs, tout cela le mental
l'a créé au travers de nos conditionnements sociaux, éducatifs, culturels et religieux .
Toutes les expériences vécues, bonnes ou mauvaises on été analysées, passées au crible,
filtrées et classées par le mental. Cela a forgé et forge notre identité à laquelle on s'identifie sans cesse.
Que resterait-il si il n'y avait plus rien de ce qui fait notre identité, si notre identité s'effaçait tout à coup ?
Il ne resterait que présence, l'être véritable que nous sommes.
Le mental n'aurai plus son mot à dire et il perdrai tout le pouvoir
qu'il exerce sur nous et cela l'ego ne le veut pas, il résiste et il s'accroche.
Cela ne veut pas dire que l'on perd notre identité, le sens du "je" ou du "moi".
On utilise cette identité tout en restant observateur de celle-ci à partir de cet espace
plus profond de nous même, à partir de ce silence et de cette paix sereine.
C'est comme si on était l'océan et que les vagues en surface étaient notre vie,
les événements, les relations, les situations, tout cela se passe en surface.
On se laisse couler au fond de l'océan de notre être et à partir de
cet espace de paix, on observe et on agit sur ce qui se déroule en surface.
Même si certaines de ces vagues sont douloureuses et qu'on en ressent les effets,
on reste établi dans cet espace de paix qui réside en dessous de toute activité.


Se placer en tant qu'observateur de nos pensées, nous fait prendre un peu
de recul face aux événements, aux émotions, aux situations de la vie quotidienne.
Observez comment le mental réagit face aux différentes situations.
Placez-vous en observateur curieux.
Remarquez comme le mental est prompt à réagir, juger, étiqueter, analyser,
créer des peurs inutiles et résister à ce que la vie vous offre dans l'instant présent.
Observez sans entrer dans le jeu du mental, n'analysez pas ce que vous observez,
n'essayez pas de chasser vos pensées. C'est un accueil total de ce qui est, c'est
un lâcher-prise sur ce qui est présent à l'instant en vous.
Prenez conscience de la différence entre l'agitation du penseur et le calme de la présence.

Le mental a une forte tendance à résister à ce qui est, il lui est très difficile de lâcher prise...


Prenons un exemple concret :
Un individu est à la poste et il y a beaucoup de monde.
Il s'impatiente, il aimerait que ça aille plus vite.
Son mental crée de la résistance face à cette situation.
Il aimerait que cela se passe différemment, son mental résiste à ce qui est.
Cette résistance crée en lui de la négativité, une sensation de mal être et de
stress l'envahit et cela rend la situation bien plus pénible encore.
Pourquoi fait-il ça ?
L'individu n'en est même pas conscient.
Choisirait-il consciemment de se créer du stress et de la négativité ?

Non, c'est le mental inconscient qui crée cette résistance.
Inconsciemment, le mental croit qu'en résistant de la sorte cela fera changer les choses.
Hors, nous savons très bien que cela ne change rien de s'énerver.
Nous nous faisons du mal à nous même en refusant d'accepter la réalité.
Cela ne veut pas dire qu'il faut tout accepter dans la vie.
Si l'on regarde de plus près une situation qui ne nous convient pas, un évènement qui ne se
déroule pas tel que souhaité, une relation qui ne nous donne pas satisfaction, que pouvons nous faire ?

Quelles solutions se présentent à nous ?

Il n'y a que trois solutions:
1. Quitter la situation, se retirer, partir
2. Changer la situation, transformer
3. Accepter la situation, lâcher prise

Un choix entier de l'une de ces trois solutions, sans qu'il ne reste en vous des résidus de refus
par rapport à ce choix, vous libère des tensions et du stress.
Vous reprenez le contrôle de la situation et de votre vie, vous ne vous placez plus en victime.
Choisissez en conscience, sans ressentiment et allez heureux vers la suite de votre vie.

Tout autre choix ou non-choix de l'une de ces trois possibilités,
vous fait naviguer entre deux eaux et le malaise persiste.


Le facteur temps du mental est une source de souffrance.

Nous ramenons le passé dans l'instant présent en repensant et ressassant sans cesse des
événements qui ne se sont pas déroulés tels que nous aurions souhaité et nous nous projettons
dans le futur en nous demandant comment nous allons faire pour vivre avec ça ou sans ça.
Pour les événements heureux c'est la même chose, nous nous disons que plus jamais nous
ne pourrons revivre ça et nous nous créons alors de la déprime, de la nostalgie ou un manque.
Cela crée en nous une anxiété, une angoisse face au futur et nous ratons complètement l'instant présent.
La souffrance émotionnelle ne peut survivre dans l'instant présent.

Laissez le passé s'éteindre à chaque instant.
Amenez votre attention sur le présent et demandez-vous
comment vous vous sentez ici et maintenant, sans aller puiser
vos réponses dans les événements ou douleurs du passé.
La souffrance émotionnelle est inévitablement liée au temps.

Un exemple des plus courants :
Votre ami(e) vous a quitté et vous souffrez.
Qu'est-ce qui provoque cette souffrance ?
Vous allez me dire que cette personne vous manque.
Mais d'où provient ce manque ?
Ce manque prend naissance lorsque vous repensez à tous ces moments fabuleux partagés
dans le passé, que vous ne revivrez plus et la souffrance est liée à l'identification au "moi".
Tout cela est lié au temps et la pensée en est le véhicule.

 

29.02.2008

Mandala remanié

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Le Mandala, source de transformation psychologique :

Jung s’en est servi comme source de guérison et les a utilisés dans sa pratique professionnelle en psychanalyse. Si, depuis cette époque, les mandalas réalisés par les moines bouddhistes fascinent de plus en plus aujourd’hui le monde occidental par la beauté, la minutie des dessins , ils restent un grand mystère quant à leur utilité.

 

UNE ŒUVRE SUBTILE ET COMPLETE

 

442239068.jpgLe mandala n’est pas un objet d’art. Il est souvent éphémère

C’est une représentation symbolique des énergies et

du fonctionnement de l’univers en interaction avec notre fonctionnement psychique.

En Inde ou au Tibet par exemple, il est considéré comme une discipline majeure et sert de

1support à la méditation, à la connaissance de soi, au développement spirituel et à la ‘relation’.

Le « mandala de l’univers » pour les bouddhistes renvoie à la totalité du cosmos, avec le mont Meru en son centre, entouré des divers continents, des planètes, etc., qui font partie de l’univers.

 

 

Mandala, terme sanskrit, signifie

cercle, disque avec une idée d’achèvement ».« mandala du soleil et de la lune », ces expressions font simplement allusion à leur forme circulaire.

Si nous prenons le mot tibétain équivalent, dKil-khor, nous rajoutons en plus

3la notion de centre et de circonférence/périphérie avec une idée de complétude et d’interdépendance entre le centre et la périphérie. Le système solaire est donc un mandala tout comme le corps humain ou le fonctionnement de l’esprit et du psychisme. Le mot mandala représente aussi un lieu de résidence divin, un champ parfait des déités éveillées qui l’habitent. La déité principale se trouve au centre du mandala, entourée ou non par un cortège d’autres déités. Chaque aspect de la résidence divine et des déités résidentes est hautement symbolique, il est conçu pour développer en nous les qualités éveillées

 

On parle également du « mandala des éléments », par référence aux formes symboliques des cinq éléments (espace, air, eau, terre et feu) sur lesquels repose l’univers.Les 5 éléments sont le dénominateur commun et naturel de toutes les époques et traditions. Ces 5 éléments assurent dans la pratique des mandalas, cette triple action de nous relier à nous-mêmes, à l’environnement et aux autres.

 

Le but du mandala est de nous guider vers l’unité de nous-mêmes.

Les mandala sont des objets de méditation qui ont un but précis :

1 Qu’il soit réalisé en 2 ou 3 dimensions sur un support matériel, qu’il soit extérieur, intérieur ou secret, sa fonction est la même : nous aider à dépasser la dualité, la souffrance, nous rappeler à chaque instant que tout est impermanent, interdépendant, composé, transitoire et surtout nous relier au centre de nous-mêmes, source d’équilibre et de guérison.

2 transformer notre perception ordinaire du monde en une perception pure présente dans tous les phénomènes.Quand un objet perçu par l’une des facultés sensorielles est conçu par l’esprit comme plaisant ou déplaisant, cette conception erronée est créée sous l’effet de la saisie. La fonction des consciences sensorielles est simplement de percevoir les objets qui leur correspondent – formes visuelles, sons, odeurs etc. – sans rien ajouter. Mais ensuite l’esprit élabore, à partir de ces perceptions, des pensées telles que « Cela est beau … Cela est laid … cela pourrait me nuire, cela me sera agréable… » . Beau et laid sont de simples projections de l’esprit. La capacité de causer du bonheur ou de la souffrance n’est pas une propriété de l’objet extérieur lui-même – ainsi par exemple, la vue du même homme par deux personnes peut rendre l’un heureux et l’autre malheureux. C’est l’esprit qui attribue telle ou telle qualité à l’objet perçu.

C’est afin de devenir libre de la saisie que l’on s’entraîne à reconnaître toutes les apparences comme un mandala .

 

Dans son livre « la théorie et la pratique du mandala » (Editions Fayard) Tucci, définit le mandala comme : « Une carte du cosmos représentant l’univers en totalité en ce qui concerne ses structures essentielles,en tant que processus d’émanation et de réabsorption. Cependant, le mandala n’est pas seulement un cosmogramme, mais en même temps un psycho-cosmogramme (….). Ainsi l’utilisation du mandala permet de retrouver l’unité d’une conscience non divisée et

de restaurer en soi-même le principe idéal des choses ».

 

Mais Jung ouvre la pratique des mandalas dans l’utilisation thérapeutique :

« Des dessins/mandalas peuvent avoir sur leurs auteurs des actions thérapeutiques importantes

le fait a été constaté empiriquement et il est pareillement facile à comprendre, ces dessins constituant des tentatives souvent très audacieuses pour embrasser du regard et

rassembler des éléments contraires apparemment inconciliables et des divisions apparemment insurmontables. Un simple effet dans la direction indiquée produit déjà un effet salutaire, mais il est vrai seulement dans le cas où cet essai est spontané »

(Psychologie et Orientalisme, P 106 et 107, Albin Michel).

 

La méditation sur un mandala se concentre sur le processus de la visualisation. On se voit soi-même comme soit la déité principale qui n’est pas considérée comme un « dieu » ou une entité séparée dans les pratiques bouddhistes, soit comme représentation de son propre mental dans une perspective occidentale . Le monde extérieur est vu comme un champ d'expérience. Le monde intérieur comme projeté sur le mandala.

Dans un travail de thérapie, nous pouvons, tout en conservant l’essence des mandalas, travailler à un niveau psychologique par le simple fait du geste spontané exprimé dans un dessin

28377823.jpgen utilisant les 5 éléments (le geste spontané traduisant le ressenti profond, non court-circuité par l’aspect du mental conceptuel).

 

Comment s’acquiert le geste spontané ?

1Il s’acquiert par des pratiques de méditations préparatoires de détente physique/mentale et de sensations corporelles, et aussi par la répétition de ces méditations créant ainsi les conditions d’un véritable contact entre nos racines énergétiques profondes et nous-mêmes.

 

2 Puis nous incluons les 5 éléments qui deviennent le support et l’outil à l’intérieur de la méditation.

1647359347.jpgIls s’utilisent dans la même pratique selon nos besoins du moment :

soit indépendamment, soit par 2, soit par 4 ou 5 de manière successive (en respectant l’ordre du plus grossier au plus subtil : terre, eau, feu, air).

- Si nous choisissons l’élément Eau, nous allons tendre vers plus d’harmonie aussi bien dans notre corps que dans notre vie et aussi vers plus de souplesse et d’adaptabilité dans les relations que nous établissons avec les autres. Nous sentons au niveau physique les liquides du corps comme le sang,

et nous restons dans la sensation de liquidité.

 

554610391.jpgNous pouvons aussi pratiquer à un niveau énergétique nous mettre en contact avec une énergie fondamentale de l’existence comme celle de se sentir relier et en harmonie dans tout notre corps en correspondance avec l’élément eau. Dans la pratique il est possible également d’associer des énergies lumineuses (l’eau correspondant à la couleur blanche) ainsi que l’énergie de la région des chakras (le centre du thorax correspondant à l’élément eau).

Nous procédons de la même façon avec les autres éléments et nous pouvons varier les pratiques, chacun d’entre eux étant associé à une fonction du corps (Terre : les os, les muscles/ Eau : liquide, humidité…), à une qualité énergétique (T : structure, E : harmonisation/relation…), à une couleur (T : jaune…), à un centre énergétique (T : région du chakra du nombril,….), à un son. Une fois la méditation sur le ou les éléments terminée, nous effectuons un dessin reflétant le plus spontanément possible le ressenti que nous avons de cette expérience.

La pratique mandala pour une utilisation occidentale et dans un but psychothérapeutique, précise de laisser s’exprimer ce ressenti en rentrant dedans, en essayant de ne pas contrôler,

planifier ou vouloir dire quelque chose. Nous pouvons, à la suite de cette première expérience, refaire un dessin immédiatement après, sur le même élément, en partant du ressenti du premier ou bien refaire une méditation et un dessin en évitant les traductions et interprétations mentales qui contrôleraient l’ensemble et empêcheraient tout travail de transformation énergétique. Jung a écrit à cet effet qu’« il ne faut rien attendre de la répétition artificielle

ou de l’imitation intentionnelle de telles images ».

 

3 Par une pratique progressive et régulière, une transformation de soi s’opère en douceur tout en apportant un équilibre au quotidien, une communication et un soutien intérieur. Les éléments, quant à eux, tout en nous permettant d’accéder à des états intérieurs plus clairs, unifiés et subtils, participent à la liaison entre le corps et l’esprit, entre la matière et l’énergie, et établissent un lien entre nous et autrui. Nous pouvons pratiquer seul ce qui demande beaucoup de rigueur dans notre méditation et de spontanéité dans les dessins sans chercher à les auto-interpréter/analyser ou bien être guidé par un thérapeute dans une interprétation basée sur l’ambiance, le mouvement, les formes, les couleurs, l’énergie du dessin « informel » en vue de refaire des pratiques et de nouveaux dessins.

 

* des émotions trop fortes et perturbantes que nous avons repérées dans notre vie,

nécessiteront l’accompagnement d’une aide extérieure et sûrement l’emploi d’autres méthodes.

 

4 Cette approche laïque et universelle ouvre des perspectives dans son utilisation. Dans notre société technologique depuis 50 ans, le mandala peut se comprendre, se pratiquer d’une façon simplifiée et nous servir de soutien au quotidien ….Une sorte de méditation autonome associant l’aspect du geste, de l’esthétique, de la création spontanée,tout en allant en profondeur si nous prenons bien soin de respecter les méditations préparatoires décrites ci-dessus. Une personne, par la pratique de mandalas réalisée individuellement, participe et s’insère dans un mandala plus grand. . Ce qui signifie qu’une pratique rigoureuse (individuelle ou accompagnée selon la nécessité) dirigée vers la transformation intérieure de nos émotions permet au même moment de constater, en plus d’un équilibre intérieur, une amélioration de et dans notre environnement.

Sans compter qu’une ouverture thérapeutique fantastique s’ouvre en direction des enfants et adolescents en difficulté.

(Exemple d'atelier )550690096.jpg

 

Pour réfléchir: La perception n’est-elle que le reflet de la pensée ou bien est-elle davantage?

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