22.11.2009

Passage

 

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J'écoute derrière les murs le vacarme à l'envers

le rythme glacé du bleu, ce bleu qui nous emporte

en labyrinthe, mille chemins, cette imposture

où les ombres en feux humides de leurs sourdes cohortes

effleurent dans nos sommeils les vaisseaux et nos ailes.

Et dans le ciel figé, cette eau qu'on ne peut boire,

nos mains levées en coupe cherchent en vain la lumière.

De la fêlure des lèvres, coule en traces un filet

de brume, à peine salé, une invisible terre.

Je voudrais qu'en novembre, si demain m'indiffère

que, lentement se pose la neige sur mes paupières

25.03.2009

Etoile

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Le ciel trop bleu,
fermé le jour,
s'ouvre cette nuit
sur les collines.

Il faut oublier les peines,
l'enfance gaspillée,
les yeux parfois ouverts
ou peut-être dormir...

Au fil des heures
éclot l'univers,
et l'horizon recule.

La noire clarté
laisse entendre
le tintement des galaxies
en amas chiffonnés.

Et de nos grands corps
trop solides,
les doigts gantés de givre
recueillent en silence,
une évidence!

On reviendra l'année prochaine
écouter dans l'ombre
ces drôles de contes
à veiller debout.

13.10.2007

ILLUMINATION

ILLUMINATION

 

 

 

Quand l’horizon d’un trait de plume

 

Se dessine courbé à l’encre brune

 

Quand plus un son en quelque direction

 

Ne vient troubler l’épaisseur du regard

 

Quand l’esprit accumule de ces bourgeons

 

Que l’on croit se garder en éternelle mémoire

 

Un rai de soleil déchire la fenêtre

 

En pluie ardente aux quatre coins du mur

 

Et la bouche sourit et le corps étincelle.

DE TEMPS EN TEMPS

 

 

 

Des amibes dans les yeux

 

De temps en temps

 

On croit trouver l’envers de soi

 

Les non-dits, les non faits

 

Les voir se dire et se faire

 

De temps en temps

 

Refaire sa biographie

 

Laver sa propre image

 

Oublier les jours invisibles

 

Aseptiser l’héritage

 

Enfin propriétaire de soi,

 

D’un domaine vaste

 

Aux longues allées plantées

 

Les pieds ailés, le corps léger

 

De temps en temps.

 

 

05.08.2006

OEIL

Il n’y a rien dans les yeux

 

Que le regard des autres.

 

Pas d’image, juste un écran

 

Vaste comme un ciel.

 

Peut-être que ce qui a bougé

 

Au fond de l’œil

 

N’est autre que le reflet

 

De cette eau qui tombe

 

Entre le monde et l’âme.

 

Un ressac de mémoire

 

Un effet d’ombre

 

Où se balance

 

Un soleil.

 

ZEN

Le soir se pose
Ne pas s’effrayer
Ne pas penser
Vider l’esprit
Dans le souffle qui monte.
Observer ce qui palpite,
Déplacer le sable…
Souffler le temps épais
Et le rendre limpide.
Rouler dans la vague,
Braver le ressac
Des herbes folles.
Si l’on regarde encore
Un dernier nuage
Oter le masque
Apprendre le rire
Et la force en mémoire
Tranquille
Dans la tiédeur de l’air
S’il reste un peu de la journée.

BOUGIE

  Un court instant

 

Une inspiration

 

Un vertige dans la pièce.

 

Plus de mots, alors

 

Que l’enfance revient,

 

On sent monter aux lèvres

 

Un sourire.

 

 

 

Un court instant

 

craquer l’allumette

 

juste pour être heureux

 

jouer la désinvolture

 

balancer la lumière.

 

Le bruit décomposé

 

De la mèche

 

 

 

Un court instant,

 

D’abord l’odeur,

 

Un léger flottement

 

Des silhouettes.

 

Un jus délicieux

 

De mélancolie,

 

Les yeux luisent.

 

 

 

Un court instant,

 

Oublier dans la joie

 

La douleur d’être homme

 

Attendre le rêve

 

Dans la molle fluidité

 

Du corps sans hâte,

 

Des ombres dans la main.

 

 

 

La lampe veille sans peur

 

Un court instant

 

Dans la nuit profonde

 

Sur l’autre versant

 

De l’horloge.

 

La douceur a soudain

 

Le goût du pain.

 

 

 

                        

01.04.2006

Rire

   Dans le trou des volets ouverts Un rire dans l’odeur du café A un air de printemps à l’envers S’échappant du carreau fêlé.

25.03.2006

VILLE

 

 



La ville se rince, la pluie

 

Eclaboussent les rives,
Trottoirs et caniveaux furieux,
Gronde, se jouent
En impétueux torrents
L ville, essuie la suie
Cheminées ouvertes sur
les noirs abîmes habités.
 
La ville traîne en ses places
Emballées, collages,
Cartons épinglés
Aux rues surpeuplées
La pluie actrice
Sur les cicatrices
Huileuse de ses charniers.
 La ville muette un instant
Retient crispée
La noirceur des squales
De béton, si loin
Qu’elle s’en souvienne :
Etend sa soie
La ville sous les paupières,
La pluie salée.
 
La ville emporte ses cendres
Fumées et mégots, en son antre
 Ventru, bijoux, plastiques,
Elle a faim
La ville balaie ses plaies,
Plumes, linges, en ses
Flaques, suaires,
Inventaires, épaves, la pluie
Ecaille ses lèvres
D’argent.
 
La ville cascade en fracas
L’écume acide sous
Les cochères,
Passages, roule
Sur les quais
Sous le ventre gris
Des ponts bleus
Des pentes aux toits
Bruits et poisons.
La ville sous les fouets
Cinglants vertiges et
Lentement  égoutte
Ses poisseuses mares
La ville sèche aux rayons
Ses façades amidonnées.
 


 

Silence


 

La trace, dans l’aube, sur les rochers
D’un soleil gris automnal s’attarde sur les prés.
A regret la pluie joue ses  notes
Sur les croupes verdies des spectres plongeants,
Silencieuse chevelure pastillée d’argent.
Musique écrite dans le silence
Du monde à venir ou né .
 
Une vapeur se joue des lumières du ciel
Sur la tribu endormie des étoiles blanchies
Le long des ravins piquants.
Quand l’automne a jeté ses rouilles débonnaires
Sur les chemins fatigués  aux creux du lit,
Les ombres s’agitent assez noires
Pour décider que le jour est levé.

Deux pinsons et mésange jaillissent des chênes
Glissant dans l’air jusqu’à la ruine.
Voit la Creuse étendre son brun
Sur la lande verticale,
Regarde le vent te souffler la vie
Balançant le spleen au fond des rides
Dans l’ivresse de l’air aux yeux fouettés.
 
Le silence vert au fond du val…
 
 


20.10.2005

LUEURS

Le ciel a des lueurs quand les moineaux s’envolent
De l’amour qui ruisselle, de l’insolente ardeur
Du rossignol chantant au cœur flamboyant
Sa prière à l’aurore dans les rayons obliques,
Le jour entre la roche et l’eau vive.
Je prends des gants je prends mon temps
Pour caresser les courbes vierges
 Ors, sous le voile blanc de ma brume.
 


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