13.11.2008
La conscience
La conscience
Pas de chemin…
Quand l'homme perçoit le mouvement de sa propre conscience il voit la division entre le penseur et la pensée, l'observateur et l'observé, l'expérimentateur et l'expérience. Il découvrira peut être que cette division est une illusion? que l’accès à la vérité est sans chemin, ne passe par aucune religion, aucune philosophie ni aucune secte. Aucune organisation, aucune foi, nul dogme, prêtre ou rituel, nulle connaissance philosophique ou technique de psychologie ne peuvent conduire l'homme vers la vérité.
Il lui faut la trouver dans la relation, par la compréhension de son propre esprit, par l'observation et non par l'analyse intellectuelle ou l’ introspection.
OUI, Mais...
L’esprit de l’homme est encombré…
L'homme s'est construit des images religieuses, politiques ou personnelles, lui procurant un sentiment de sécurité. Celles-ci se manifestent en symboles, idées et croyances. Le fardeau qu'elles constituent domine sa pensée, ses relations et sa vie quotidienne. Ce sont là les causes de nos difficultés qui séparent l'homme de l'homme. Sa perception de la vie est façonnée par les concepts préétablis dans son esprit.
Le contenu de sa conscience est cette conscience
Ce contenu est commun à toute l'humanité. L'individualité est le nom, la forme et la culture superficielle que l'homme se construit au contact de son environnement. La nature unique de l'individu ne réside pas dans cet aspect, mais dans une liberté totale à l'égard du contenu de la conscience.
La liberté n'est pas une réaction; la liberté n'est pas le choix. C'est la vanité de l'homme qui le pousse à se croire libre par le choix dont il dispose. La liberté est pure observation, sans orientation, sans crainte ni menace de punition, sans récompense. La liberté n'a pas de motif; la liberté ne se trouve pas au terme une évolution recherchée mais dans le premier pas de son existence. C'est dans l'observation que l'on commence à découvrir le manque de liberté. La liberté se trouve dans une attention vigilante et sans choix au cours de notre
existence quotidienne.
(Attention à l'attention:
Le raisonnement peut amener à la conclusion d'un changement, mais une compréhension purement intellectuelle ne peut susciter l'action du changement, ce qui en fait une réponse artificielle, car la totalité de votre être ne participe pas, votre esprit n'accorde pas une attention complète.
Souvent ,une partie de l'esprit est convaincue du changement et essaie de triompher des autres en imposant une discipline. L'action de la volonté est inutile (elle apporte de la violence car elle revient à être autre chose que ce que l'on est.
L'esprit n'est ni discipliné, ni contrôlé, ni maîtrisé, son immobilité est naturelle , sans effort, ni conflit.)
L’homme est esclave du passé
La pensée est temps. La pensée est née de l'expérience, du savoir, inséparables du temps. Le temps est l'ennemi psychologique de l'homme. Notre action est basée sur le savoir et donc sur le temps, ainsi l'homme se trouve toujours esclave du passé.
La pure observation est vision directe, sans aucune ombre provenant du passé. Cette vision pénétrante, hors du temps, produit dans l'esprit un changement profond et radical.
La conscience est notre véritable réalité, c'est notre Être réel, notre Soi profond.
Le savoir n'est pas la connaissance, le savoir est pure théorie et ne permet pas la prise de conscience. La connaissance est pratique, concrète et vécue. La connaissance est l'expérience d'une certaine réalité, des phénomènes existentiels.La connaissance vécue par l'expérience directe des phénomènes procure la conscience.
La conscience est la connaissance plus l'expérience. Pour une véritable ouverture de conscience, la connaissance doit être acquise. L'être possède une conscience infinie qu'il doit découvrir.
Le développement de notre conscience va chercher à développer les fonctions pas assez sollicitées.
Mais sachons que l'Univers évolue, que la Conscience bénéficie de cette évolution.
La première étape, indispensable, de la gymnastique de la conscience consiste en la modification du niveau de conscience.
Niveaux de conscience selon Caycédo
La conscience comporte des niveaux bien distincts : Le niveau entre veille et sommeil est celui qui nous intéresse tout particulièrement, c'est celui que nous pouvons acquérir par l'entraînement. Il se trouve entre veille et sommeil près du sommeil tout en étant d'éveil. Caycédo le nomme le niveau sophroliminal
Les niveaux de conscience dépendent de l'activité d'une partie importante du cerveau appelée formation réticulaire ou substance réticulée, qui s'active vers la veille et qui se désactive vers le sommeil.
Or, cette réticulée est aussi en rapport très étroit avec le tonus musculaire : la désactivation musculaire entraîne une désactivation réticulée. Au contraire, leur contraction entraîne une activation de la substance réticulée.
Le système nerveux autonome lui fonctionne sur les deux modes sympathique et parasympathique, nous avons une possibilité d'intervention sur ce système par le biais de la respiration : l'inspiration est orthosympathique - c'est-à-dire activatrice -, alors que l'expiration est parasympathique - c'est-à-dire dés activatrice.
La relaxation musculaire va donc permettre un approfondissement du niveau de conscience vers ce niveau sophroliminal favorisé aussi par une expiration plus longue que l'inspiration.
Les niveaux de conscience dépendent de l'activité d'une partie importante du cerveau appelée formation réticulaire ou substance réticulée, qui s'active vers la veille et qui se désactive vers le sommeil.
Or, cette réticulée est aussi en rapport très étroit avec le tonus musculaire : la désactivation musculaire entraîne une désactivation réticulée. Au contraire, leur contraction entraîne une activation de la réticulée.
Tout le système nerveux autonome fonctionne sur les deux modes sympathique et parasympathique et que nous avons une possibilité d'intervention sur ce système par le biais de la respiration : l'inspiration est orthosympathique - c'est-à-dire activatrice -, alors que l'expiration est parasympathique - c'est-à-dire désactivatrice.
Par conséquent, la relaxation musculaire va permettre un approfondissement du niveau de conscience vers ce niveau paradoxal d'éveil, approfondissement favorisé aussi par une expiration plus longue que l'inspiration.
Sept fonctions principales de La Conscience permettent la captation et l'intégration des données de l'univers, l'individu étant un élément de cet univers. Ces fonctions réceptrices peuvent aussi être émettrices : la Conscience agit également sur l'univers et l'être humain peut agir sur lui-même.
Ces sept fonctions sont: 1 la sensorialité, 2 le sentiment cognitif et son moteur, 3 l'émotion, 4 l'intuition qui permet l'interprétation, 5 la rationalité, 6 la mémoire, 7 la projection et la transcendance ou capacité d'aller au-delà de l'expérience. Cette distinction arbitraire permet de mieux concrétiser cette parcelle d'absolu qui « prend conscience » de tout et qui peut se rendre compte d'elle-même.
La sensorialité (ou perception), I'émotion, moteur du sentiment, le sentiment cognitif (ou fonction d'appréciation) - et l'intuition sont reliées entre elles par la fonction transcendante ou fonction de dépassement - la transcendance étant l'au-delà de l'expérience. L'information entre par le biais de la sensorialité corporelle, poursuit sa formation au niveau de la fonction du sentiment, animée par l'émotion, se transforme grâce à l'intuition et s'exprime finalement, de manière créative, par l'intermédiaire de la fonction rationnelle. Si, par contre, elle passe directement de l'entrée corporelle à l'intellect comme c'est souvent le cas, il n'y a pas alors de véritable formation et la réponse n'est que « réflexe », conditionnée par la culture intellectuelle et l'éducation reçue. Tout ceci sous l’influence du passé et du futur amenant des réponses réflexes culturelles (passé), ou des réponses créatives (futur)
Ces fonctions ont toutes leur localisation cérébrale propre: la sensorialité dans le cortex pariétal, I'émotion dans le cerveau « limbique », I'intuition, dans le cerveau « reptilien », la projection dans les aires préfrontales. Notre culture et notre éducation ayant privilégié le développement principalement de la fonction rationnelle, nous avons un hémisphère dominant (l'hémisphère cérébral gauche pour le droitier :côté de la rationalité, de l'intellect, du mental). au détriment de l'autre hémisphère
S'il est difficile d'appréhender la conscience en tant que telle, il est relativement facile de prendre conscience des manifestations de ses fonctions, c'est-à-dire des expressions. Ces dernières sont toujours les mêmes : des perceptions sensorielles plus ou moins profondes, des images et un (ou plusieurs) discours intérieur. La conscience est non seulement la faculté de percevoir mais encore le sentiment que nous avons de vivre, d'agir, de penser, de vouloir, de participer au cosmos, à l'Univers.
A partir du moment où nous sommes capables de nous rendre compte des expressions de la conscience, nous sommes capables de prendre conscience de notre conscience.
Evolution de la conscience. Que se passe-t-il?
► L'homme conscient engage un travail de connaissance de lui-même le conduisant à se déconditionner et à devenir autonome en accédant à ses propres règles de fonctionnement. C'est l'autonomie, qui va produire un changement de la personne et l'entrée vers l'accès à un niveau de conscience supérieur.
►En continuant son travail la conscience semble alors s'élargir encore pour devenir illuminée, créative et intuitive. Ces nouvelles transformations semblent se produire différemment suivant les individus. Elles peuvent s'effectuer parallèlement et dans un même mouvement ou suivre un ordre allant des visions et des illuminations vers un état créatif et poétique puis vers une conscience intuitive. L'achèvement de cette phase d'ouverture vers un nouveau niveau de conscience se produit par l'expérience de l'unité, de la non - séparativité, de la non- dualité et de la conscience cosmique.
► Par la transcendance de la dualité, l’homme n'est plus alors ni dans la dualité (le Moi), ni dans la non dualité (le Soi) mais au-delà de cela (uni dualité). Dans la réunion des polarités en un centre l'homme accède à la plus haute réalisation . Cette progression vers la réalisation de soi, semble entrer dans une démarche ouvrant peu à peu vers l'évolution de la conscience humaine. Pourtant, paradoxalement, l'évolution de la conscience ne peut s'effectuer par accumulation de connaissances, elle se produit par l'expérience soudaine nous arrachant à l'état précédent où nous étions fixés.
L'accès au niveau sophroliminal est caractérisé par l'augmentation de la tonicité de la conscience et, donc, de l'intégration:
- de la mémoire,
- de l'imagination,
- du désir de ou expectative
- de la concentration, une grande qualité d'écoute/attention, -
- de la prise de conscience, le « se rendre compte » une compréhension du sens de la vie et du monde, la reconnaissance de ses limites,l'acceptation, le renoncement, l'abandon de soi,
- -Le développement de la créativité et de l'intuition,
- de la mise en valeur du positif, la paix avec soi-même et le monde,le sentiment d'unité,
-de la perception des manifestations sensorielles, émotionnelles et intuitives de la conscience (sensations, images et discours),
- de l'apprentissage,
- des possibilités de futuriser, de bâtir des projets, une grande rigueur et de la fermeté, le sens de la responsabilité
- de la capacité de dépassement, de transcendance
Pour modifier le niveau de notre conscience, nous allons pouvoir utiliser :
- la relaxation musculaire et la tension/détente musculaire
- la respiration,
- des images positives ou neutralisantes
- un discours fait de mots activateurs.
Afin de faciliter la concentration sur le corps - qui va être notre point de départ et notre point d'arrivée -, il va falloir laisser de côté nos images et notre discours mental et les remplacer par un discours corporel, c'est-à-dire une description des sensations perçues, avec des mots justes, simples et naturels.
Pour ceux qui pratiquent cet entraînement sophrologique caycedien , ça leur demande d'exercer une pratique corporelle et en même temps :
C’est mettre entre parenthèses les à priori, les jugements, et parfois le sens qu'on donne habituellement.
C'est une suspension (pas une suppression).
C'est suspendu le temps de l'expérience puis tout peut être revu avec le fruit de l'expérience.
C'est un processus toujours actif, toujours corporalisant. (Relaxations dynamiques)
L'ouverture proposée par Caycedo et sa méthodologie est unique en son genre si on parle de la sophrologie caycedienne qui respecte un code de déontologie.
Mais comment amener en présence la conscience en marche sans pour autant intégrer la conscience d'une élite, ni celle des mystiques, ni copier coller la culture orientale... Tout cela est à la portée de celui que ça intéresse. Seulement, comme tout apprentissage basé sur l'expérience il faut un temps progressif d'intégration sans en faire un rite, ni un objectif. Se contenter du principe de réalité objective.
Suivre la méthodologie de Caycédo mais aussi le plus possible pratiquer la conscience ordinaire…
Cela se passe d’une manière toute naturelle. Dans le même sens je suis sûr que prendre soin des choses qui nous entourent peut se faire très simplement. Ce n’est qu’une affaire de conscience ordinaire, d’effort d’attention. Il n’est pas nécessaire d’attendre l’éveil total ou “l’unité avec l’univers”. C’est beaucoup plus simple que cela. Nous avons tous besoin de pratiquer l’observation des conséquences; voir que nos actions ne se passent pas dans le néant. Chacun de nous est, par nature, plus enclin à observer certaines catégories d’actions. Ainsi certaines personnes peuvent-elles prêter grande attention aux produits qu’elles achètent et d’autres seront plus conscientes du langage qu’elles emploient. Notre pratique peut consister simplement à étendre les champs dans lesquels nous observons les conséquences de nos actions.
(Par exemple: quand je parle, qu'est-ce que cela a déclenché chez l'autre...., quand j'achète quelquechose, quelles conséquence cela a-t-il sur le monde?
Découvrir la conscience en train d'être ce qu'elle est ...
Le vivre consciemment, mieux la connaître, mieux l'aimer, saisir soi-même les moyens d'éclairer son propre dévoilement (sans dogme, ni religion).
Ce ne sont pas des moyens de détente, ni comportementaux, ni guidés, ni positivés, ni psychologisés, encore moins ceux d'une technique : ça reste des moyens en vivance : Ceux qui s'éprouvent lors de l'expérience simplement en ayant réussi à se dégager un moment de l'emprise de l’interprétation.
…et la pleine conscience,
Pratiquer la pleine conscience c’est ramener corps et esprit vers le moment présent. Nous n’avons pas besoin de beaucoup de temps. Une fraction de seconde suffit parce qu’être vivant c’est être là, dans le moment présent, dans l’ici et le maintenant; et cela est possible avec une seule respiration consciente. Nous devons faire cela, non seulement avec nos formations mentales mais aussi pratiquer exactement de la même façon envers notre corps «J’inspire, je suis conscient de mes yeux, j’expire, je souris à mes yeux. . .» Et nos yeux deviennent l’objet de notre pleine conscience. Si nous continuons à pratiquer ainsi pendant quelques minutes, nous découvrirons que nos yeux sont une des conditions de base pour notre bonheur... C’est une chose merveilleuse. Nous n’avons qu’à ouvrir les yeux pour voir le ciel bleu, les nuages blancs, les fleurs de cerisiers, le coucher du soleil, le visage de notre enfant. . . Avec des yeux en bon état, le paradis des formes et des couleurs nous est offert. Il y a des gens qui ont perdu la vue et pour eux la retrouver serait un paradis; et nous qui avons des yeux, nous oublions cela. Vos yeux sont déjà une des conditions de base de votre bonheur. Et la pleine conscience suffit à toucher une de ces conditions-là. Nous pouvons pratiquer cela avec chaque partie de notre corps.
…la dualité
Notre conscience est quelque chose de vivant, de nature organique. Il y a toujours les déchets comme il y a toujours les fleurs en nous. Le jardinier qui pratique l’art de la culture biologique tâche de conserver les déchets parce qu’il peut les transformer en compost et le compost en fleur. Et dans le compost on peut voir des fleurs. La même chose est vraie avec nos formations mentales : il y a des fleurs comme les valeurs existentielles, mais il y a aussi des déchets comme la peur, le doute ou la douleur. C’est le principe de non dualité qui est en nous. Si je sais que l’amour c’est moi et que la douleur c’est aussi moi, que la compréhension c’est moi et que la souffrance aussi, alors je vais en prendre soin. Je ne vais pas supprimer ma souffrance parce que je sais que je peux la transformer en fleur... La fleur existe parce que la souffrance est là.
Prendre conscience d'une transformation intérieure radicale :
Sans contrainte, sans motivation, sans influence intérieure.
C'est ce sentiment de transformer qui en soi sera ACTION.
Le changement demande une action énergique et unifiée.
La compréhension n'est plus prise dans le mécanisme de la recherche.
Une attention se fait jour que ne vient pas distraire le désir de réussir.
La vérité est une chose vivante - état propice à la recherche véritable.
La compréhension abolit le temps, les âges, et balaie toute différence entre l'enseignant et l'enseigné
Il y a participation de la totalité de son être.
18:22 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : conscience, sophrologie, éveil, méditation, kerdraon
30.10.2008
Sophrologie, attention, concentration et mémoire
Le cerveau humain au XXIème siècle est en plein bouleversement, il est constamment bombardé d'informations dans la sur-stimulation sensorielle du 21 siècle par le multimédia au point de ne plus savoir comment les traiter. Les activités superposées et les temps courts ajoutent des difficultés par un phénomène de zapping nuisible aux études. L'élève doit en plus répondre aux attentes d'un système d'éducation . Il s'en suit un phénomène comparable à un embouteillage de connaissances sans structure significative. Dans cette architecture cérébrale où circule l'information à haute vitesse, certaines informations transmises sont sans égards à leurs importances respectives, bloquées, retardées, souvent mal classées et pouvant même être effacées ou irrécupérables. En France, la pression pour imposer les apprentissages intellectuels au dépend des activités de découverte motrice et créatrice. (je rappelle que l'enfant apprend en bougeant c'est à dire avec son corps, le mouvement participe à la fixation des apprentissages.) On accuse facilement le cerveau de l'apprenant d'en être le responsable. On dit de lui qu'il est inattentif, qu'il est hyperactif, qu'il est inadéquat pour apprendre, qu'il faut le soigner et parfois le médicamenter. Pourtant , le plus souvent, il s'agit d'une panne de la vitalité, du plaisir et du besoin d'apprendre. Cette panne concerne certaines activités ou globale. La source est la plupart du temps des angoisses, des problèmes liés au développement de l'enfant. En fait, le cerveau humain est dans la plupart des cas une pure merveille de haute technologie et il est peut être, utilisé comme une simple calculatrice.
►ICI, La sophrologie propose de revisiter le schéma corporel par des pratiques basées sur la répétition ans le calme et la détente.
Le matériel pédagogique attention- concentration sert de courroie de transmission entre l'entrée des informations (attention-mémorisation), les processus cognitifs de traitement et la sortie créative de ces informations.
L' objectif est de proposer à l'apprenant le plus tôt possible de connaître et respecter la structure, de son cerveau et les exercices sophrologiques permettant d'améliorer ses performances. Pour apprendre à bien gérer les fonctions supérieures du cerveau (langage, logique, jugement et planification), il faut s'assurer de l'efficacité des fonctions de base comme l'attention, la vigilance et la mémoire.
a. Qu’est ce que l’attention ?
Ce que l’on perçoit consciemment n’est qu’une petite partie des stimulations que notre cerveau reçoit. Nous recevons, de notre environnement, beaucoup d’informations qui ne sont pas traitées de façon consciente. C’est l’attention qui est chargée de ce traitement. Elle favorise la perception et l’analyse automatique des informations reçues.
L’attention possède deux rôles essentiels :
- Le filtrage : il s’agit d’un mécanisme qui permet d’éviter la surcharge que pourraient causer les nombreuses stimulations du milieu.
-
L’analyse : elle sert à percevoir dans l’environnement, des signes d’importance et des indices de danger sans passer par le traitementconscient de ces informations, ce qui occasionne un gain de temps.
b. Comment fonctionne l’attention ?
L’attention est une mise en disponibilité des canaux sensoriels orientés vers la recherche et l’enregistrement d’informations susceptibles d’être utiles. Tout ce qui provient des émotions et de nos propres pensées est considéré parle cerveau comme le plus important. Il arrive que nous soyons distraits par nos pensées. Entre stimulation extérieure et stimulation intérieure, la stimulation intérieure est privilégiée. Elle sera traitée en premier. Lorsquel’attention ne se tourne plus vers l’extérieur, mais vers l’intérieur, il s’agit de concentration. Il est important de distinguer les deux termes même si le langage courant les confond.Lorsque nous avons l’impression qu’une information peut servir, le cerveau fait porter sur celle-ci toute l’attention. Si nous voyons peu ou pas d’intérêtaux informations, nous cessons presque automatiquement d’être attentifs.Ceci peut se produire en classe.Sont habituellement considérées comme stimulantes toutes les activités qui« bougent », celles qui demandent l’activation de plusieurs sens.Puisque les activités stimulantes sont celles qui demandent l’activation de plusieurs sens, il est capital de varier les activités des élèves, tant du point de vue du type de tâches que du point de vue du contexte dans lequel elles se réalisent. Pour cela il est souhaitable de donner du rythme à son enseignement
La concentration, elle, possède un effet contraire à celui de l’attention : elle diminue la sensibilité à percevoir les informations du milieu. Elle évite d’être distrait par des stimulations autres que celles choisies. On est alors conscient d’une seule chose, en dehors de laquelle il n’existe plus rien. Il peut s’agir dequelque chose d’extérieur ou d’intérieur. Quand l’attention est à son maximum,la concentration est faible et inversement.
►ICI, La sophrologie proposera de travailler la souplesse du passage entre milieu intérieur et milieu extérieur, de l'attention à la concentration ainsi que la conscience des sens et leur stimulation.
La qualité de l’attention est influencée par des facteurs qui déterminent l’efficacité du fonctionnement du cerveau :
- la santé physique: Hygiène de vie - le rythme de vie - la passivité/l’activité mentale : être passif mentalement rend dépendant del’enseignant : sa façon d’écrire au tableau, le son de sa voix, sa rapiditéd’élocution etc..
Sont les symptômes d’un manque constant d’attention :
-oublier ce qui vient d’être dit -se heurter aux objets -manquer d’entrain dans les activités quotidiennes.
Puisque l’on cesse presque automatiquement d’être attentif lorsque on ne perçoit pas l’intérêt des informations, il semble primordial de donner du sens aux activités .
Outre la sensibilisation dles élèves à l’hygiène de vie pour optimiser l’efficacité de fonctionnement du cerveau et le soin apporté par l'enseignant à son comportement, sa voix,ses postures, son élocution, il semble primordial que celui-ci privilégie une pédagogie valorisant la démarche active de l’enfant afin qu’il soit maître de ses propres apprentissages.
►ICI, la sophrologie travaillera sur la visualisation, l' intégration des buts et l'appropriation par l'élève des outils permettant de stimuler l' attention
-
Qu’est ce que la concentration ?
La concentration est nécessaire au cerveau pour fonctionner de façon efficace lors de résolution de problèmes, d’émergence de souvenirs etc… la concentration favorise l’utilisation de la mémoire et des mécanismes de réflexion pour enregistrer ou faire une recherche d’informations. Laconcentration facilite la comparaison, l’analyse, la synthèse et l’établissement de relations.La concentration possède un rôle essentiel : isoler le cerveau des distractionsextérieures ou intérieures. Elle bloque l’arrivée à la conscience de toutes lesstimulations qui pourraient nuire à l’utilisation des mécanismes mentaux ou deréflexion.
Il y a la concentration immédiate, dont nous avons besoin pour observer avec soin un document, un visage, un événement, un spectacle, un monument, un tableau, et la concentration prolongée dont nous avons besoin pour étudier, apprendre, retenir, rédiger, calculer, penser, réfléchir.
La concentration immédiate demande à être pratiquée à volonté, instantanément et en toutes circonstances. Elle requiert aussi l'aptitude à changer de sujet rapidement.
La concentration prolongée, pour l'étude ou la réflexion, nécessite un entraînement différent.
La volonté ne détermine pas toujours l’attention et l’action. Essayez, par exemple, de marcher sur une poutre placée à quatre mètres de hauteur, même si vous le voulez vraiment, vous n’y parvenez pas d’emblée. Or, si cette poutre se trouve à même le sol, vous n’aurez aucun problème pour marcher dessus. Comment expliquer cela ?
Notre cerveau primitif fait barrage, de manière générale, à toutes les informations, sauf celles qu’il connaît déjà. Il sélectionne celles qu’il connaît déjà, celles qui correspondent au schéma qu’il a déjà enregistré. Si le souvenir est plaisant, il recherche l’information, sinon, il la rejette. Ce qu’il faut donc, dans ce cas, c’est d’associer aux informations aux informations que l’on désire mémoriser, des idées positives et plaisantes, afin que le cerveau primitif lève le blocage et que la motivation et l’attention se créent pour agir.
Ainsi, l’individu qui maîtrise son cerveau primitif agit sans forcer, mais avec plaisir ; il a alors le sentiment de plénitude, d’autonomie et de liberté créatrice. Il réussit ce qu’il entreprend et renforce le sentiment positif qu’il a de lui. Par contre, une volonté due uniquement au cerveau supérieur se heurte au système limbique. Cela fait naître des conflits, des tensions mentales des frustrations et des refoulements.
►ICI, la sophrologie propose de travailler le principe de positivité.
d. Comment fonctionne la concentration ?
La concentration vise donc à diminuer, voire empêcher la réception des informations. Il faut donc activer le cerveau à l’opposé de ce qu’il est habitué defaire de façon automatique : on parle d’effort de concentration.
La durée de concentration : chaque personne possède une quantité d’énergie deconcentration qui lui est propre. La durée de concentration est fonction de :
- l’entraînement: Puisque la concentration n’est pas un mécanisme automatique et qu’elle demande un effort de volonté, elle peut se développer grâce àl’entraînement. (Par exemple en pratiquant des exercices de concentration auditive ou visuelle lors de lectures)
- du degré de familiarité de la tâche : la connaissance et la maîtrise du travail à faire créent des automatismes. Les automatismes permettent d’organiser les informations plus facilement ; l’effort à faire pour seconcentrer en sera diminué.
- du type de tâches à réaliser.
- des conditions du milieu : plus il y a de bruit et de distractions moins il estaisé de se concentrer pendant une durée prolongée.Il est impératif d’aménager des temps de pause entre les périodes de concentration.
Les problèmes de concentration sont essentiellement dus :
- à la fatigue ( il est primordial de respecter les rythmes naturels des enfants)
- au stress
- aux problèmes personnels
-
à l’environnement.
► ICI, la sophrologie propose les techniques de réduction du stress, et les techniques concentratives ( retour au corps, respiration, concentration sur objet)
e. Se stimuler avant d’agir
Visualiser des situations de réussite, ou bien se remémorer des situations à connotation positiv et valorisante permet de se convaincre de l'action pour vous adapter à votre but.
Vous pouvez aussi y arriver en vous donnant des représentations mentales, à ce qui peut vous donner de la confiance...
► ICI, la sophrologie propose le travail de visualisation positive et de confiance en soi,
f. La mémoire
Les 3 facteurs qui président à l'enregistrement des idées, des faits ou des données, sont :
1. l'impression - 2. l'association - 3. la répétition
C'est dans cet ordre qu'il faut les mettre en action. Si vous négligez l'un de ces facteurs cela ne vous empêchera pas forcément de retenir. Mais lorsque vous désirez retenir consciemment et durablement quelque chose il est indispensable de suivre le processus complet : impression, association, répétition.
C'est ce qui explique que nous retenons par exemple le nom d'une personne rencontrée à une réunion et que nous n'arrivons pas à nous souvenir du nom d'une autre personne présente à la même réunion. Dans un cas vous avez accordé une attention suffisante à la personne (impression), vous avez peut-être établi dans votre esprit (consciemment ou inconsciemment) certaines associations relatives à cette personne, et son nom a été mentionné plusieurs fois (ou vous l'avez répété intérieurement).
Dans l'autre cas vous n'avez peut-être pas fait suffisamment attention (d'où une impression insuffisante) ou bien vous n'avez fait aucune association ou vous n'avez pas entendu ou répété son nom.
g. Ayez l'ntention et faites attention
La première condition pour bien fixer les impressions est de le vouloir. Pour cela il faut avoir un intérêt réel pour la personne ou la notion dont on veut se souvenir. Vous aurez toujours beaucoup de difficulté à fixer votre attention sur quelque chose qui ne vous intéresse pas. C'est pour cette raison que vous ne vous souvenez pas du nom de gens que vous avez eu l'occasion de rencontrer mais qui ne vous intéressent pas réellement.
De même si vous n'avez pas l'intention préalable de vous rappeler quelque chose, vous risquez de ne pas y prêter une attention suffisante. Cela explique pourquoi vous avez du mal à vous rappeler certaines choses que vous avez vues, mais que vous ne pensiez pas avoir à évoquer ultérieurement.
Vous diminuerez vos risques d'oubli si vous associez en pensée cet appel téléphonique à une image forte. Imaginez-vous un instant en train de téléphoner à votre client et voyez le en train de signer un chèque important en couverture d'une commande. Inversement représentez-vous votre client en colère en train de vous expulser de son bureau en vous reprochant d'avoir oublié de lui téléphoner. Tout cela ne prend en pensée que quelques secondes et pourtant des associations imagées aussi simples que celles-là peuvent améliorer votre mémoire sans aucun effort pénible de votre part.
► ICI, la sophrologie propose, pour faciliter le souvenir, d'associer des images mentales fortes et positives
h.Observez bien
Lorsqu'il s'agit de se souvenir, l'attention doit prendre une forme plus précise ; c'est l'observation. Pour bien vous souvenir d'un tableau de maître, il ne faut pas vous contenter d'y prêter une certaine attention. Il faut d'abord s'en faire une idée d'ensemble, puis il faut en étudier les détails.
A partir du moment où il s'agit de retenir quelque chose qui comporte différents éléments ou différents aspects, il y a lieu d'observer. Nous verrons aussi en étudiant l'association que celle-ci nécessite parfois l'observation d'éléments autres que la notion ou l'objet à retenir lui-même.
Pour apprendre à mieux observer, entraînez-vous à examiner les choses sous leurs différents aspects et en vous servant de tous vos sens : regardez l'allure générale et la couleur, touchez, sentez, goûtez, écoutez, examinez le poids, le volume, analyser la dureté, etc. Plus vous mettez de sens en action, plus vous vous souviendrez aisément.
► ICI, la sophrologie propose le travail sur les cinq sens, et le travail sur la souplesse mentale entre l'observation du détail et la globalisation.
L'association est à la fois indispensable pour la fixation des souvenirs et pour leur rappel ultérieur.C'est pourquoi plus une mémoire fonctionne, plus elle est efficace. Plus vous avez de souvenirs dans votre mémoire, plus il vous est facile de créer une association entre la chose nouvelle à retenir et une donnée enregistrée antérieurement.
Les souvenirs et les informations déjà gravés dans votre mémoire vous aident à y accrocher de nouvelles connaissances : c'est la raison pour laquelle, plus vous avez de choses en tête, et plus il vous est facile d'en mémoriser d'autres.
► ICI, la sophrologie propose un travail stimulant les différentes mémoires
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27.09.2008
Personnes endeuillés par suicide


Propos sur le deuil après suicide
Compte rendu en partie de la conférence du Dr J.J. Chavagnat Psychiâtre par Joel Kerdraon
Citation: (Victor Hugo - 1856)
Les contemplations, livre IV
Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin
De venir dans ma chambre un peu chaque matin ;
Je l'attendais ainsi qu'un rayon qu'on espère ;
Elle entrait, et disait : Bonjour, mon petit père ;
Prenait ma plume, ouvrait mes livres, s'asseyait
Sur mon lit, dérangeait mes papiers, et riait,
Puis soudain s'en allait comme un oiseau qui passe.
Alors, je reprenais, la tête un peu moins lasse,
Mon oeuvre interrompue, et, tout en écrivant,
Parmi mes manuscrits je rencontrais souvent
Quelque arabesque folle et qu'elle avait tracée,
Et mainte page blanche entre ses mains froissée
Où, je ne sais comment, venaient mes plus doux vers.
Elle aimait Dieu, les fleurs, les astres, les prés verts,
Et c'était un esprit avant d'être une femme.
Son regard reflétait la clarté de son âme.
Elle me consultait sur tout à tous moments.
Oh ! que de soirs d'hiver radieux et charmants
Passés à raisonner langue, histoire et grammaire,
Mes quatre enfants groupés sur mes genoux, leur mère
Tout près, quelques amis causant au coin du feu !
J'appelais cette vie être content de peu !
Et dire qu'elle est morte ! Hélas ! que Dieu m'assiste !
Je n'étais jamais gai quand je la sentais triste ;
J'étais morne au milieu du bal le plus joyeux
Si j'avais, en partant, vu quelque ombre en ses yeux.
On peut compter quarante mille personnes et plus endeuillées par suicide chaque année, c'est dire que le nombre de blessures mentales est impressionnant.
PERDRE un être cher est une épreuve tellement atroce que les mots sont inutiles et impuissants.
Comment continuer son chemin après la perte de notre enfant? Pas évident. Probablement pas du jour au lendemain, ni sans effort, mais tout de même réalisable.
Vivre son deuil et peut-être arriver à grandir à travers lui, n'est pas chose facile.
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La perte de personnes chères affecte beaucoup de gens, dont certaines souffrent en silence... Le milieu médical parle de blessure morale.Ces blessures douloureuses s'accompagnent de réactions dépressives tout à fait normales. Et si la personne reprend ses étapes sociales, se réinvestit et réaménage sa vie affective elle reste endeuillée.À la suite de la mort de votre enfant, vos plans d'avenir, vos espoirs, vos rêves et votre vie sont bouleversés
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Personne, y compris votre conjoint ne pourra se mettre à votre place car votre douleur est unique.
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Dans cette impression de vivre un rêve, d'être comme anésthésié vous souhaitez sans doute vous réveiller pour constater que rien n'est réel, que tout va continuer comme avant. Vous êtes peut-être dans le déni et c'est bien naturel car ce sentiment permet de vous isoler de la réalité de la mort jusqu'à ce que vous soyez assez fort pour entendre la vérité que vous ne voulez pas croire.
Cette vérité qui vous dit que si vous êtes plus âgé, si vous ayez protégé votre enfant, vous lui avez survécu. C'est une réalité impossible à comprendre et révoltante!
Attendez-vous à ressentir une multitude d'émotions.Aussi bizarres qu'elles puissent vous paraître, elles sont normales et saines.
Vous pouvez ressentir soudainement une vague de chagrin inattendue" . N'oubliez pas
que les enfants survivants sont aussi affectés par la perte d'un frère, d'une sœur.
Les étapes du deuil par suicide a fortiori de son enfant, sont différentes des étapes citées dans les théories modernes sur l'attachement. (voir précédent article)
Il peut arriver que ces personnes se bloquent dans la phase de protestation, caractéristique des plus grandes difficultés sur le chemin de deuil.
Le déni, l'engourdissement, la révolte, le besoin d'explication, la recherche d'un coupable accompagnent la permanence de la perte et la culpabilité. Ces sentiments confus et puissants peuvent préparer le terrain d'un état dépressif grave.
Des manifestations affectives possibles(tristesse, colère, impulsivité, impuissance, peur, désespoir, abandon, solitude, anxiété)
Des manfestations comportementales possibles( crises, cauchemars, peur irrationnelles du noir, de la solitude, d'une mauvaise nouvelle, irritabilité, impulsivité)
Des manifestations physiologiques possibles (fatigue, difficulté respiratoires, maux de tête, variations d'appétit, stress)
Des manifestations cognitives possibles ( confusion, hallucinations, difficultés à se concentrer, pensées obsédantes du défunt, bouleversement du narcissisme de l'endeuillé et perte de l'illusion de l'immortalité)
Colère
TROIS ANS APRES
(Victor Hugo - 1802, 1885 - Ecrit en novembre 1846)
Il est temps que je me repose ;
Je suis terrassé par le sort.
Ne me parlez pas d'autre chose
Que des ténèbres où l'on dort !
Que veut-on que je recommence ?
Je ne demande désormais
A la création immense
Qu'un peu de silence et de paix !
Pourquoi m'appelez-vous encore ?
J'ai fait ma tâche et mon devoir.
Qui travaillait avant l'aurore,
Peut s'en aller avant le soir.
A vingt ans, deuil et solitude!
Mes yeux, baissés vers le gazon,
Perdirent la douce habitude
De voir ma mère à la maison.
Elle nous quitta pour la tombe ;
Et vous savez bien qu'aujourd'hui
Je cherche, en cette nuit qui tombe,
Un autre ange qui s'est enfui !
Vous savez que je désespère,
Que ma force en vain se défend,
Et que je souffre comme père,
Moi qui souffris tant comme enfant !
Mon oeuvre n'est pas terminée,
Dites-vous. Comme Adam banni,
Je regarde ma destinée,
Et je vois bien que j'ai fini.
L'humble enfant que Dieu m'a ravie
Rien qu'en m'aimant savait m'aider ;
C'était le bonheur de ma vie
De voir ses yeux me regarder.
Si ce Dieu n'a pas voulu clore
L'oeuvre qu'il me fit commencer,
S'il veut que je travaille encore,
Il n'avait qu'à me la laisser !
Il n'avait qu'à me laisser vivre
Avec ma fille à mes côtés,
Dans cette extase où je m'enivre
De mystérieuses clartés !
Ces clartés, jour d'une autre sphère,
O Dieu jaloux, tu nous les vends !
Pourquoi m'as-tu pris la lumière
Que j'avais parmi les vivants ?
As-tu donc pensé, fatal maître,
Qu'à force de te contempler,
Je ne voyais plus ce doux être,
Et qu'il pouvait bien s'en aller !
T'es-tu dit que l'homme, vaine ombre,
Hélas! perd son humanité
A trop voir cette splendeur sombre
Qu'on appelle la vérité ?
Qu'on peut le frapper sans qu'il souffre,
Que son coeur est mort dans l'ennui,
Et qu'à force de voir le gouffre,
Il n'a plus qu'un abîme en lui ?
...
La colère peut être dirigée vers un tiers, l'institution qui abritait le défunt, vers soi-même (auto- accusation) aussi vers le disparu.
Le difficile regard des autres, souvent la honte peuvent conduire au rejet des autres et donc au sentiment d'abandon.
Avoir simplement du plaisir est source de culpabilité.
Avec les '' pourquoi incessants'' imaginer ce qui s'est passé n'est pas moins difficile que d'avoir trouvé le défunt. '' Est ce qu'il ou elle a souffert? ''
Il faut supporter les questionnements de la police qui fait son travail. Celui de la médecine légale.
On se réfugie dans le déni, c'est possible... parce qu'impossible à comprendre. Les pas, l'odeur, la présence du défunt sont perçus... manifestations tout à fait normales. On ne change pas les habitudes, le défunt a son couvert, sa chemise préparée...
Le rôle du psychiâtre ou du psychlogue devient important s'il soignait le suicidé. Il lui faut rencontrer la famille, travailler la culpabilité et constater de vive voix les témoignages.C'est à dire authentifier le traumatisme, le reconnaître pour aider à reprendre le chemin et bien sûr se recentrer sur l'histoire de l'endeuillé, pour l'aider à quitter l'état de victime, le valoriser et lui éviter ainsi de s'auto-punir afin de réinvestir sa vie reprendre conscience et constater que la personne a encore beaucoup d'amour en elle.
Les proches, les amis pourront peut être aider à laisser venir le chagrin et le désarroi cpour laisser parler sans conseils maladroits ( tourne la page, ça fait longtemps...) et être disponible pour les petites choses de la vie courante. Parler de la part de mystère du défunt, ce qu'on ne connaissait pas et qui fait mal! Se laisser prononcer le nom du défunt, son histoire est toujours présente...
Dans ce monde de l'instantané, les gens autour vont trop vite et cause beaucoup de souffrance. Plus le temps de pleurer, d'exprimer sa peine, de prendre le temps. Vous aimeriez que quelqu'un s'arrête pour vous aider à sortir rapidement de votre malaise intérieur. Le processus de la guérison de cet état émotionnel doit suivre son cours. Il est parfois long ce chemin. Le temps est précieux, donnez-vous ce temps nécessaire.
Le sens des valeurs change presque toujours suite à une expérience aussi douloureuse et intense.
Certains survivants arrivent à reprendre goût à la vie en mettant en valeur le défunt.( fondation au nom de l'être aimé et perdu, d'autres se battent pour une cause qui lui tenait à cœur, écrivent un livre en sa mémoire, etc..? Y a-t-il plus bel hommage que d'améliorer sa vie grâce à ce que la personne décédée nous lègue comme héritage spirituel, émotionnel?
Voici donc quelques pistes intéressantes pour rendre hommage à la personne qui nous a quitté :
Faire "le bilan des qualités de la personne disparue" Ces qualités dit-il, si on les cherchait dans l'autre, c'est que nous les possédions en nous-mêmes également. Maintenant, elles nous appartiennent, elles sont notre héritage:
Une certaine douceur
Une façon de s'affirmer
Une manière de prendre soin de soi
Le départ de la personne chère renferme-t- elle la possibilité :
De mieux nous connaître?
De mieux saisir la souffrance des autre?
De se savoir moins parfaits?
De permettre aux autres d'être moins parfaits?
De découvrir les sentiers de la guérison. ?
Il est tout aussi important de se pardonner, de se pardonner simplement d'être humain! Se pardonner de quoi?
D’être fragile, d’avoir honte de ma douleur, de m’accuser dans mon malheur, d’avoir ruminé des accusations blessantes à mon égard, de n’avoir pas été capable de tout prévoir,de me haïr sans compassion... c'est une étape sur le chemin ...
PRIERE AMERINDIENNE(Auteur inconnu)
Quand je ne serai plus là, lâchez-moi !
Laissez-moi partir
Car j'ai tellement de choses à faire et à voir !
Ne pleurez pas en pensant à moi !
Soyez reconnaissants pour les belles années
Pendant lesquelles je vous ai donné mon amour !
Vous ne pouvez que deviner
Le bonheur que vous m'avez apporté !
Je vous remercie pour l'amour que chacun m'a démontré !
Maintenant, il est temps pour moi de voyager seul.
Pendant un court moment vous pouvez avoir de la peine.
La confiance vous apportera réconfort et consolation.
Nous ne serons séparés que pour quelques temps !
Laissez les souvenirs apaiser votre douleur ! Je ne suis pas loin et la vie continue !
Si vous en avez besoin, appelez-moi et je viendrai !
Même si vous ne pouvez me voir ou me toucher, je serai là,
Et si vous écoutez votre coeur, vous sentirez clairement
La douceur de l'amour que j'apporterai !
Quand il sera temps pour vous de partir,
Je serai là pour vous accueillir,
Absent de mon corps, présent avec Dieu !
N'allez pas sur ma tombe pour pleurer !
Je ne suis pas là, je ne dors pas !
Je suis les mille vents qui soufflent,
Je suis le scintillement des cristaux de neige,
Je suis la lumière qui traverse les champs de blé,
Je suis la douce pluie d'automne,
Je suis l'éveil des oiseaux dans le calme du matin,
Je suis l'étoile qui brille dans la nuit !
N'allez pas sur ma tombe pour pleurer
Je ne suis pas là, je ne suis pas mort.
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