25.03.2006
VILLE
La ville se rince, la pluie
Eclaboussent les rives,
Trottoirs et caniveaux furieux,
Gronde, se jouent
En impétueux torrents
L ville, essuie la suie
Cheminées ouvertes sur
les noirs abîmes habités.
La ville traîne en ses places
Emballées, collages,
Cartons épinglés
Aux rues surpeuplées
La pluie actrice
Sur les cicatrices
Huileuse de ses charniers.
La ville muette un instant
Retient crispée
La noirceur des squales
De béton, si loin
Qu’elle s’en souvienne :
Etend sa soie
La ville sous les paupières,
La pluie salée.
La ville emporte ses cendres
Fumées et mégots, en son antre
Ventru, bijoux, plastiques,
Elle a faim
La ville balaie ses plaies,
Plumes, linges, en ses
Flaques, suaires,
Inventaires, épaves, la pluie
Ecaille ses lèvres
D’argent.
La ville cascade en fracas
L’écume acide sous
Les cochères,
Passages, roule
Sur les quais
Sous le ventre gris
Des ponts bleus
Des pentes aux toits
Bruits et poisons.
La ville sous les fouets
Cinglants vertiges et
Lentement égoutte
Ses poisseuses mares
La ville sèche aux rayons
Ses façades amidonnées.
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