08.02.2006

La pratique de l'arbre

La pratique de l'arbre
Le principe de la pratique de la posture de l'arbre consiste à se tenir de la manière suivante:
 les deux pieds sont écartés d'une largeur égale à celle des épaules
 
les deux genoux sont un peu fléchis
 
le corps est en position assise
 
les mains ont les paumes tournées vers les épaules et se soulèvent tout doucement comme si elles serraient quelque chose dans les bras
 
la distance des mains par rapport au sol varie entre celle des sourcils et celle du nombril
 
la distance des mains par rapport au buste se situe autour de 30 cm en avant du corps. On peut choisir de travailler sur quelques millimètres mais seulement près du ventre et sans le toucher.
 
Le fait de rester dans cette zone évite la pression sur les poumons ainsi qu'une mauvaise respiration induite par une position incorrecte des épaules et de la poitrine ; le degré de flexion des jambes est réglé de manière à être supportable, sans trop de douleurs pénibles
 
les muscles des épaules, du dos et de la poitrine doivent être complètement détendus afin que la respiration s'effectue naturellement. On doit pouvoir sentir la poitrine libérée, la tête claire et le corps serein ainsi qu’une répartition homogène des forces

 
La pratique de la posture de l'arbre consiste à maintenir la pose, apparemment sans bouger. C'est à travers cette position que l'on peut ressentir les changements à l'intérieur du corps, mais aussi des courbatures ainsi que des picotements dans les épaules et les jambes. Si la sensation devient douloureuse, on peut diminuer cette réaction en baissant les bras, en modifiant légèrement la position mais tout en persévérant dans l'exercice. Les débutants peuvent augmenter l'intensité de l'exercice progressivement d’une minute par semaine à rajouter sur leur séance de cinq à dix minutes par jour. Il est important de pratiquer tous les jours sans exception.
 
On peut utiliser plusieurs positions pour pratiquer la posture de l'arbre : allongé à plat, assis, debout et en marchant. Parmi elles, la plus utilisée et la plus efficace est la position debout. La respiration y est naturelle, sans technique particulière, simplement décontractée. En ce qui concerne l'esprit on cherche, tel le corps, à le garder décontracté.

Peu à peu, on introduit des images. D'abord celle de ballons en papier très fragiles. Il faut tenir les ballons suffisamment fort pour ne pas qu'ils tombent mais sans trop les serrer non plus pour ne pas les écraser. On évite ainsi d'utiliser trop de force et de contracter les épaules démesurément. Les images des ballons sont très importantes pour progresser dans la pratique
Voyons maintenant où placer les ballons :
penser que l'on tient un gros ballon devant la poitrine (ou deux ballons, un devant chaque épaule), s'asseoir sur un autre ballon plus gros placé sous ses fesses, serrer un ballon entre les genoux   rajouter quatre petits ballons entre les doigts de chaque main Lorsque l’on a utilisé l'image des ballons pendant quelque temps, on passe au travail des six directions.



Dans un premier temps, il suffit de retrouver la sensation de l'arbre que l'on a déjà travaillé depuis quelque mois. Puis, en partant sur cette base on ajoute quelques détails :

Pousser les genoux vers l'arrière et les ouvrir légèrement sur les cotés en fermant les fessiers au niveau du sacrum. Cette ouverture sur les cotés est compensée par un mouvement du bassin vers l’avant, la direction des genoux est ainsi maintenue parallèle.

Le travail des genoux vers l'arrière, en gardant constant l'angle du bassin, déséquilibre le corps sur l'avant. Ce déséquilibre est compensé par un recul du tronc vers l'arrière ce qui nous amène naturellement à être dans un alignement correct de la colonne vertébrale (en gros, on se tient droit). C’est l’ensemble des forces contradictoires qui induit la verticalité. de l'arbre.

La grande complexité de l’exercice permet une première approche du travail des six directions : haut, bas, droite, gauche, avant et arrière. On utilisera toute une batterie d'images pour entraîner l'esprit et décontracter le corps.

On demande souvent pourquoi on n’utilise pas de technique respiratoire particulière dans cette posture. La seule réponse est que la respiration naturelle ne doit pas être manipulée. Il y a un cheminement à respecter. Ce sont les facteurs physiques ou émotionnels qui impliquent un certain type de respiration et pas l'inverse. Si on court, si on marche, si on rigole ou si on pleure la respiration s’adapte naturellement. De même si on a peur ou si on est surpris il y aura un changement dans le rythme de la respiration. Par ailleurs, si on essaie de respirer doucement en courant ou de forcer une respiration rapide en s'endormant on sentira un malaise. Il en est de même pour la posture, c’est elle qui déterminera la respiration adéquate. Pourtant, on peut tout à fait influencer la respiration, suggérer un état de l'esprit, faire la paix avec ses émotions grâce à la posture de l’arbre.

Grâce à cette description de la pratique de la posture de l’arbre on comprendra que, contrairement aux apparences, l'arbre n'est pas une posture statique mais un grand mouvement intérieur dans les six directions à la fois. Ce maximum de mouvement entraîne alors une meilleure circulation et accumulation de l’énergie.

Les visualisations pendant l'exercice de l'arbre

Les actions d'imagination, nommées également actions de suppositions ou actions de rappel, sont une méthode efficace qui consiste à auto guider les couches cérébrales pour arriver à un état de contrôle. Ces images ont pour but de développer les capacités de tranquillité et de concentration et d’enlever de l'esprit les pensées secondaires. On utilise les moyens suivants:

Voir loin

En posant le regard au loin ou sur un objet fixe, pendant la pratique, on stimule le système du nerf optique ce qui augmente la concentration de l’esprit. Par expérience, plus on voit loin , plus on peut projeter son intention loin et meilleur est l’exercice.

Ecouter au loin

Cela consiste à écouter le plus loin possible pour aider à se concentrer. Les anciens disaient « Concentrez vous en écoutant les gouttes d'eau venant des cieux ». De nos jours, on peut écouter la radio, les émissions de musique, de littérature, de théâtre, d'informations où se passer un disque. C'est une façon efficace de se concentrer et d’enlever la sensation ennuyeuse découlant d'une longue durée d'exercice. Mais il faut savoir qu'au bout d'un moment il faudra de toutes manières se concentrer uniquement sur ses sensations.

Tenir un objet

Les pratiquants « faibles » peuvent utiliser une image qui consiste à tenir des objets très légers pour limiter la fatigue. Cela aide à relaxer les muscles. Les plus forts peuvent simplement s’imaginer tenir quelques objets dans les bras. On peut imaginer par exemple le mouvement dans l'eau, les bras émergents vers le haut comme si on devait utiliser moins de force. Après quelques temps de pratique on peut finir par ressentir une grande légèreté. Pour un temps imparti, on peut aussi tenir un objet lourd dans chaque main pour sentir les contractions qui doivent disparaître plus tard dans la pratique.

L’image du coton est une des méthodes destinées à vous aider à décontracter les muscles des membres inférieurs. Elle consiste à imaginer que l'on est sur un coussin en coton souple et épais. Toutes les 3 à 5 minutes, on balance légèrement le corps de droite à gauche et on saisit tout doucement la terre quelques fois avec les orteils. À travers ce changement du centre de gravité, on peut sentir les sensations différentes des muscles des membres inférieurs, leur état de contraction/décontraction ainsi que leur influence sur les muscles du ventre. On peut aussi balancer le corps de l'extérieur du pied droit vers l'extérieur du pied gauche. Ou encore passer de l'avant du pied, juste derrière les orteils, vers le talon.

Tenir un ballon

Tenir un ballon dans ses bras est une méthode d'entraînement sur la partie située à l'extrémité du nerf des membres supérieurs. Il permet de développer la rapidité de réaction et la sensibilité. On commence par imaginer que l'on tient un ballon léger avec une force telle que si on ne le retient pas, il nous échappe, et si au contraire on le sert trop fortement, il explose. Ensuite, on imagine que l'on tient un grand ballon (ou une boule) de plus en plus lourd afin d'augmenter l'intensité du mouvement. Vous imaginez le fait que ce ballon devienne de plus en plus lourd, en le remplissant d'eau, de sable ou de plomb.

Etre dans l'eau

Etre ou avancer dans l'eau développe la sensibilité sur la partie extrême du nerf des membres inférieurs et permet d’augmenter la rapidité de réaction. On imagine que l'on est debout dans une eau tiède qui s'écoule tout doucement devant soi et sur le coup de pied (le dessus du pied). Puis on commence à marcher, en prêtant bien attention à la sensation de résistance de l'eau. La hauteur de l'eau pour l'imagination est en relation avec la condition physique des pratiquants. Elle peut monter jusqu'à la poitrine. Ensuite, on peut imaginer la même situation mais dans la boue pour augmenter l'intensité du mouvement. Il est évident que l'on peut utiliser d'autres images mais le concept reste le même.

L'image des élastiques et des ressorts

Toujours pour dompter le mouvement, on peut imaginer des élastiques attachés aux bras et aux jambes et reliés à différentes parties de la pièce dans laquelle nous nous entraînons. Chaque élastique retient et tire sur les bras et nous devons résister. De même, on peut lier différentes parties du corps ensemble. L'action de lier est considérée comme une méthode d'entraînement spirituel. Elle est basée sur la mise en relation des muscles les uns avec les autres.

Pareillement, entre les paumes et le torse ou entre les deux genoux, on peut imaginer des ressorts puissants qui tenteraient de séparer et d’étirer les distances que nous avons fixées. Plus les images se rapprochent de la réalité, plus le travail qui en découle est efficace.

Toutes ces méthodes sont assez simples mais demandent d'être testées pour voir celles qui correspondent le mieux aux besoins de chacun.

 



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